Vach'ment bien dit

Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /Mars /2010 00:14
On peut y dormir, mais pour le repas, si l'on a pas pris la précaution d'amener son casse-croûte, on peut jeûner, à moins de piquer dans l'assiette du voisin, ou d'accepter en partage ce que l'on vous donnera, et que vous accepterez par obligation sans garantie d'aimer ce que vous serez obligé de manger… parfois une soupe ?

Les auberges espagnoles se trouvent un peu partout, pas seulement en Espagne, vous l'aurez compris, et, finalement, si l'on a besoin d'un coin pour dormir et se sustenter à son aise, autant aller ailleurs, là où vous ne risquez pas de subir les contraintes imposées par le taulier.

En attendant de trouver l'auberge universelle accueillante à tout voyageur, ou l'étable bien achalandée en foin et eau fraîche, n'oublions pas que les mauvais coups sont prêts : réforme des retraites, augmentation début avril de 9 % du prix du gaz, taxe carbone qui trépigne d'impatience avant de se vautrer dans nos porte-monnaies… camarade, choisis ton camp ! Les nantis l'ont déjà choisi, eux. Et pour l'instant, c'est eux qui gagnent la lutte des classes. Pour l'instant…

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Par Sylvie Boussand - Publié dans : Vach'ment bien dit - Communauté : Résistance 2007
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Jeudi 4 février 2010 4 04 /02 /Fév /2010 13:45
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Je resterai sobre pour cet article : Jean-Louis Borloo, notre débonnaire ministre en charge de l'écologie, vient d'être frappé de cécité. Un malheur n'arrivant jamais seul, il a été atteint dans le même temps de surdité. Fort heureusement, il lui reste la parole.

Et quelle parole, lisez plutôt : "Copenhague est un succès majeur !" 

Comme l'indique fort joliment La Voix du Nord, "Jean-Louis Borloo, le ministre de l'Écologie, croit au mouvement enclenché en décembre au Danemark mais ignore la suite".

Notre Borloo national doit avoir la berlue, ou s'agirait-il d'autre chose ? La Voix du Nord rapporte qu'hier à l'assemblée nationale "Il (Jean-Louis Borloo) défend Copenhague et ses nuits blanches quand le député PC André Chassaigne l'asticote : « On n'aura pas de grand soir mais des petits matins."

Merci André. Parfois, un petit tacle est salutaire.
Par Sylvie Boussand - Publié dans : Vach'ment bien dit - Communauté : Résistance 2007
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /Jan /2010 15:25
Des choix de société sont là, devant nous. Ils sont lourds de conséquence, et pas seulement écologiques. L'écologie est UNE des composantes des choix politiques que nous devons avoir le courage de faire. Une des composantes, mais pas la seule : le fantôme de Chavez, ce capitalisme rampant qui souvent n'ose pas dire son nom pour mieux nous égarer et nous berner, se déguise aussi pour nous séduire. Le capitalisme vert est un nouvel avatar de l'impérialisme transfrontalier des multinationales avides de nouveaux marchés : s'y soumettre serait plus qu'une faute. Ce serait un crime. Devons-nous en être les complices ? Non, certainement pas.



Hugo Chavez (extrait partie 2) :
…/… Jusqu’à quand, nous demandons-nous depuis le Venezuela, monsieur le président, mesdames, messieurs, jusqu’à quand allons-nous permettre de telles injustices et inégalité ? Jusqu’à quand allons-nous tolérer l’actuel ordre économique international et les mécanismes de marché en vigueur ?  



Par Sylvie Boussand - Publié dans : Vach'ment bien dit - Communauté : resilience
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Dimanche 24 janvier 2010 7 24 /01 /Jan /2010 14:36
Demain, TF1 nous offre une soirée TV avec le président ; ça tombe bien ! Un président en valant bien un autre, je vous propose dès à présent de passer quelques minutes avec le président Hugo Chavez. Lui n'a pas mâché ses mots à Copenhague, et je puis vous assurer que ses propos, loin des clichés convenus et compassés, valent mieux que la soupe insipide qui nous sera servie demain, sous couvert de pédagogie, alors que nous assisterions une fois de plus à une leçon de démagogie. Pas tout à fait la même chose… quant à TF1, les écrans publicitaires sont assez nombreux pour ne pas nous infliger un spot d'une heure à la gloire du parti majoritaire.

Par contre, je vous recommande à 23 h 20 sur la même chaine un épisode de Dr House,
"Rendez-vous avec Judas", judicieuse programmation ; Martin aurait-il le sens de l'humour ?


Extraits du discours d'Hugo Chavez au sommet de Copenhage :

…/… je veux le rappeler. Les 500 millions de personnes les plus riches : cinq cents millions !  c’est 7 %, sept pour cent de la population mondiale. Ceux là, les 7 % sont responsables, ces 500 millions de personnes les plus riches sont responsables de 50 % des émissions polluantes, tandis que les 50 % plus pauvres sont responsable de seulement 7 % des émissions polluantes …/…

…/… Le total des revenus des 500 individus les plus riches du monde est supérieur aux total des revenus des 416 millions des personnes les plus pauvres. 2 800 millions de personnes vivent dans la pauvreté, avec moins de deux dollars par jour, cela représente 40 % de la population globale : 40% de la population globale ! Qui obtiennent seulement 5 % des revenus mondiaux.

Aujourd’hui environ 9,2 millions d’enfants par an meurent avant d’atteindre la cinquième année de vie, et 99,9 % de ces morts arrivent dans les pays pauvres. Dans ces pays le taux de mortalité infantile est de 47 morts pour 1 000 naissances ; mais il est de seulement 5 pour 1 000 dans les pays riches. L’espérance de vie de la planète est de 67 ans, dans les pays riches elle est de 79, tandis que dans plusieurs nations pauvres cet âge est de seulement 40 ans.

S’ajoutent les 1 100  millions d’habitants qui n’ont pas accès à l’eau potable ; 2 600 millions sans service d’assainissement ; plus de 800 millions d’analphabètes et 1 020 millions de personnes affamées. C’est là la scène du monde.

Maintenant, la cause : quelle est la cause ? Parlons de la cause, ne fuyons pas les responsabilités, ne fuyons pas la profondeur de ce problème. La cause, sans doute - je reviens au sujet - de tout ce panorama désastreux est le système métabolique, destructif du capital et de son modèle incarné : le capitalisme. …/…



Par Sylvie Boussand - Publié dans : Vach'ment bien dit - Communauté : Résistance 2007
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Mardi 12 janvier 2010 2 12 /01 /Jan /2010 00:10
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En dehors de quelques remarques acerbes mais concises sur le débat lancé par Maître Besson, je n'ai pas écrit grand chose au sujet du grand foutoir fourre-tout appelé débat sur l'identité nationale. Non pas par indifférence, mais d'autres en ont parlé bien mieux que je n'aurais pu le faire ; à quoi bon, dans ce cas, se comporter en perroquet ?

Mais je ne résiste pas au plaisir, immense, de vous proposer la lecture du document ci-dessous. C'est un pur régal en ce qui me concerne, et je vous invite à le déguster avec vos papilles neuronales.

Bonne lecture, et bonne nuit. Elle porte conseil…


Lettre ouverte de Mouloud Baubérot à Nicolas Sarkozy
 
Cher Nicolas, Mon cher compatriote,
 
Tu as écrit une tribune dans Le Monde (9 décembre) qui a retenu toute mon attention. En effet, tu t’adresse à tes « compatriotes musulmans », et c’est mon cas, moi Mouloud Baubérot, frère siamois de celui qui tient ce blog.
Comme une lettre ne doit pas rester sans réponse, alors j’ai décidé, à mon tour de t’écrire. Après tout, toi aussi tu es mon « compatriote ». Et puis, comme je suis professeur d’histoire en terminale, j’ai l’habitude de corriger des copies.
 
Nous allons le voir, il y a plein de belles idées dans ta lettre, et je vais pouvoir te citer souvent.
Mais tu t’as commis une légère erreur de perspective, qui gâche un peu ton propos. Et comme cela vous concerne en particulier ton frère siamois et toi, permets moi de la rectifier.
 
Avant, par politesse, il faut que je me présente très brièvement. Ma famille provient de Constantine, ville française depuis 1837 et chef lieu d’un département français depuis 1848. Nous sommes donc d’anciens Français.
D’autres nous ont rejoint peu de temps après et sont devenus Français, en 1860, tel les Niçois et les Savoyards.[2] Nous avons intégré volontiers ces "nouveaux arrivants" et avons ajouté la pizza à nos coutumes alimentaires.
Et au siècle suivant, bien d’autres encore sont venus, puisqu’il paraît qu’un quart des Français ont au moins un grand parent « étranger ».
 
Certains « arrivaient » de l’Europe centrale, bien différente de notre civilisation méditerranéenne. Mais, comme tu l’écris très bien, nous sommes très « accueillants », nous autres.
Alors nous avons donc accueilli parmi eux, un certain Paul Sarkozy de Nagy-Bosca, qui fuyait l’avancée de l’Armée Rouge en 1944.
Nous sommes tellement « accueillants » que nous avons fait de son fils, ton frère siamois, immigré de la seconde génération, un Président de notre belle République.
Comment être plus accueillants ?
 
Mais faudrait quand même pas tout confondre : entre lui et moi vois-tu, c’est moi qui accueille, et lui qui est accueilli. Ne l’oublie pas.
 
Ceci précisé, je suis tout à fait d’accord avec ce que tu écris :
Moi, Mouloud, l’accueillant, j’offre à ton frère siamois et à toi-même, « la reconnaissance de ce que l’autre peut lui apporter ». Mais je demande, à « celui qui arrive,  le respect de ce qui était là avant vous »
Et, je vais y revenir, quand les Sarkozy sont devenus Français, le ciel de Paris s’ornait d’une Grande Mosquée, avec un beau minaret.
 
Je suis d’accord, moi Mouloud qui t’accueille, je dois te faire « l’offre de partager (mon) héritage, (mon) histoire [y compris en classe de terminale], (ma) civilisation), (mon) art de vivre. »
Tiens, je t’invite volontiers à venir manger un couscous avec moi.
 
Mais, naturellement, toi « qui arrive », ou toi dont c’est juste le père qui est arrivé, je te demande, comme tu l’écris toi-même, d’avoir « la volonté de (t)’inscrire sans brutalité, comme naturellement, dans cette société que (tu vas) contribuer à transformer, dans cette histoire que (tu vas) désormais contribuer à écrire. »
 
« Sans brutalité » : tu as bien raison, c’est important ça.
Nous, anciens Français, nous ne jouons pas au matamore, aux « tu causes tu causes, c’est tout ce que tu sais faire » ; nous n’aimons pas trop tout ce qui est « bling-bling ». Nous aimons, tu le soulignes, « l’humble discrétion » et nous comptons sur toi pour être exemplaire dans ce domaine. Nous comptons sur toi, pour, comme tu affirmes que cela doit être le cas des « nouveaux arrivants », de te « garder de toute ostentation et de toute provocation ».

Car, toi dont le père a fui le totalitarisme, tu dois être bien « conscient de la chance que (tu as) de vivre sur une terre de liberté ». Et cela te donne le devoir de n'en supprimer aucune. Or, quand j’apprends certaines de tes décisions, je suis inquiet à ce sujet.
 
Contrairement à moi, puisque tu n’es en France que depuis une seule génération, tu as encore beaucoup de choses à apprendre quant aux « valeurs de la République (qui) sont partie intégrante de notre identité nationale ».
Vu ta fonction, il faut que tu l’apprennes vite car « tout ce qui pourrait apparaître comme un défi lancé à cet héritage et à ces valeurs condamnerait à l’échec. »
Mais, je ne suis pas inquiet : tu es très doué
Donc, il suffit que je te précise un peu les choses, notamment sur la laïcité dont je parle souvent à mes élèves dans mes cours de terminale, et tu obtiendras une brillante note.
 
D’abord, la laïcité, ce n’est nullement « la séparation du temporel et du spirituel » comme tu l’écris.
Cette expression, elle fleure le Moyen Age, la société de chrétienté, bref l’exact contraire de la société laïque.
Comme tu as publié ta tribune le 9 décembre, jour anniversaire de la « séparation des Eglises et de l’Etat », ta formule est particulièrement malheureuse.
Le « spirituel » et le « temporel », ce sont des notions théologiques, et cela connotait des pouvoirs.
La lutte de l’Empereur et du Pape, c’était la lutte du « pouvoir temporel » pour s’imposer face au « pouvoir spirituel ». Deux souverainetés.
En laïcité, seul « le peuple » est souverain et, en conséquence,  le seul « pouvoir » est le pouvoir politique qui émane de lui. Le pouvoir, écrit Max Weber, a « le monopole de la violence légitime » : il peut réprimer par la loi.
La religion n’est pas sur le même plan. Et peut avoir, elle, autorité, si l'on est convaincu de sa validité.
Mais elle ne doit pas disposer de pouvoir.

Bon, la première leçon étant apprise, passons à la seconde.
Elle concerne aussi la laïcité.
Tu fais preuve d'une curieuse obsession des minarets et tu sembles assez ignorant à ce sujet.
Pour être concret, je vais te raconter l’histoire de France en la reliant à ma propre histoire d’ancien Français, du temps où toi, tu ne l’étais pas encore.
Pendant la guerre 1914-1918, mon arrière grand-père est mort au front, comme, malheureusement, beaucoup de Français, de diverses régions : Algérie, Savoie, ou Limousin, « petite patrie » de mon frère siamois.
Mais si je te raconte cela, ce n’est pas pour me cantonner dans la petite histoire, celle de ma famille, c’est pour rappeler l’Histoire tout court.
Car nous avons été environ 100000, oui cent mille, musulmans a mourir ou a être blessés au combat pour la France.
Nous étions déjà tellement « arrivés » en France, que nous y sommes morts !
Et que les « tirailleurs maghrébins (…) se forgèrent lors de cette guerre la réputation de troupe d’assaut par excellence »[3]
Ces combats avaient lieu dans cette partie de la France appelée « métropole ». Ma famille y était venue, à cette occasion, et elle y est restée. A Paris, précisément.
Comme nous commencions à être assez nombreux, et provenant, outre la France, de différents pays, la République laïque a eu une très bonne idée : construire une mosquée, avec un beau minaret bien sûr.
Elle avait décidé, en 1905, de « garantir le libre exercice du culte » (Article I de la loi de séparation).
« Garantir », c’est plus que respecter. C’est prendre les dispositions nécessaires pour assurer son bon fonctionnement.
 
Pourquoi passes-tu tant de temps, dans ton texte, à nous parler des minarets ?
Cela n’a vraiment pas été un problème. Bien au contraire.
Et pourtant, ils étaient très laïques, tu sais, plus laïques que toi, mon cher chanoine, les rad’soc (radicaux-socialistes), les Edouard Herriot, ou Léon Bourgeois (un des « pères » de la morale laïque) qui ont pris la décision de consacrer des fonds publics à la construction de cette mosquée, de ce minaret.
 
Tu sais, j’aime bien fréquenter les bibliothèques. J’y ai trouvé un ouvrage d’un historien qui retrace l’histoire de cette construction. Et c’est fort intéressant.
« Il est a remarquer, écrit son auteur, Alain Boyer, que personne n’a soulevé à l’époque le problème de la compatibilité de cette subvention avec l’article 2 de la loi de 1905, concernant la séparation des Eglises et de l’Etat qui dispose la République ne reconnaît ni ne subventionne aucun culte ; il aurait pu d’ailleurs être répondu que l’Etat ne finançait que la partie culturelle, l’institut, et non pas la mosquée proprement dite, c'est-à-dire le lieu de culte. »[4]
 
« Il aurait pu être répondu» :
Donc c’est plus tard que l’on a justifié ainsi les subventions de l’Etat et de la ville de Paris. Sur le moment, on s’est contenté de trouver cette construction nullement incompatible avec la loi de séparation.
Tellement peu incompatible que non seulement elle n’a pas été évoquée, mais que le rapport de la Commission des finances présenté par Herriot (en 1920) évoque explicitement la mosquée en même temps que la bibliothèque et la salle de conférences.
« Le financement d’un lieu de culte par la République, précise l’historien M. Renard, fut donc voté en toute conscience, malgré la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l’Etat. On parla surtout de la reconnaissance de la France pour l’indéfectible loyauté de ses fils musulmans. »[5]

Comment conciliait-on cela avec la loi de 1905 ? On en est réduit à des suppositions.
Une me semble fort plausible, on a raisonné par analogie : en effet la conséquence de l’article 1 de la loi de 1905, de sa garantie du libre exercice des cultes avait été double :
-         d’une part la mise à disposition gracieuse (donc manque à gagner par absence de loyer!) des édifices du culte existants en 1905 et propriété publique (des milliers et des milliers !), mise à dispostion aux religions correspondantes à ces édifices (et on y a ajouté presque tout de suite le droit de faire des réparations sur fonds publics) ;
-         d’autre part, la possibilité (prévue dans l’article 2 lui-même) de payer des aumôniers pour garantir le libre exercice du culte dans les lieux clos : hôpitaux, prisons, armée, internats des lycées,…
 
On s’est dit : étant donné tout ce que l’on consent financièrement pour garantir l’exercice des cultes catholique, juif, protestant, c’est bien le moins de donner des subventions publiques pour une Grande mosquée et son minaret.
D’ailleurs le père de la loi de 1905 Aristide Briand avait dit à son propos : « En cas de silence des textes ou de doute sur leur portée, c’est la solution libérale qui sera la plus conforme à la pensée du législateur. »
 
De plus, et je vais t’étonner Nicolas, les laïques, ils aimaient bien les minarets. Lors de la détermination de la qibla (direction de La Mecque), en mars 1922, le représentant du gouvernement, Maurice Colrat, a prononcé un très beau discours. Il a déclaré notamment:
« Quand s’érigera, au dessus des toits de la ville, le minaret que vous allez construire, il montera vers le beau ciel de l’Ile de  France qu’une prière de plus, dont les tours catholiques de Notre-Dame ne seront point jalouses. »
Et tous les dirigeants et militants laïques présents l’ont chaleureusement applaudi.

Ils étaient comme cela les laïques : ils assumaient, mais ne voulaient pas « valoriser » les « racines chrétiennes de la France ». Ils estimaient, au contraire, que le pluralisme religieux faisait partie de son histoire, de son identité nationale laïque. Et plus il y avait de prières différentes, plus ils étaient contents.
 
Le 15 juillet 1926, la grande mosquée a été inaugurée en présence de ton prédécesseur, Gaston Doumergue, le président de la République.
 
J’ai plein d’autres choses à t’écrire à propos de ton discours. Mais la bonne pédagogie veut que l’on ne cherche pas à en dire trop en une seule fois.
Pour le moment, assimile bien ces deux premières leçons.
Ecris nous vite une seconde tribune qui rectifie le tir.
Et on reviendra ensuite sur le « communautarisme » notamment, car la (en un seul mot ?) il y a aussi quelques petites choses à reprendre.
 
Ton cher compatriote
Mouloud Baubérot


© http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com/archive/2009/12/14/la-lettre-de-mouloud-2eme-edition.html

[1] Notamment (mais pas seulement) le fait que "citoyens" pour quelques uns ou "sujets" pour la plupart, les habitants des colonies étaient de nationalité française, même s’il s’agissait d’une « nationalité dénaturée », selon l’expression de P. Weil.
Et sur cette dualité sujet-citoyen, le Blog en a déjà parlé à plusieurs reprises, notamment dans les Notes consacrées au livre de T. Shepard sur l'Algérie.
Cette Note ne pouvait pas reprendre tous les problèmes et ne prétendait nullement à une exemplarité de la conduite de la France. Au contraire, la position de Sarkozy prend place dans une longue histoire que la France n’a pas encore affrontée de face.  
[2] Un Savoyard m’a d’ailleurs écrit pour me dire qu’il ne manquait jamais de signaler qu’il était français depuis moins longtemps que les Algériens.
[3] B. Recham, in Collectif, Histoire de l’Islam en France, Albin Michel, 2006, 743.
[4] A. Boyer, L’Institut musulman de la Mosquée de Paris, Paris, CREAM, 1992, p. 26.
[5] M. Renard, in Histoire de l’islam…, 722.

Par Sylvie Boussand - Publié dans : Vach'ment bien dit - Communauté : Résistance 2007
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