Les Irlandais ont la gueule de bois. Oh pas celle d'un lundi matin, après un week-end un peu trop arrosé de Guiness ou de Paddy's. Non. Une gueule de bois autrement sévère, le genre qui tient compagnie pour un bon bout de temps. Pourtant, tout avait bien commencé : Barroso, sa petite valise diplomatique estampillée CE et bien remplie de promesses et de subventions était même venu faire un petit tour chez ces tête de cochons d'Irlandais qui avaient eu le culot de voter "non", comme ces têtes de lard de Néerlandais et ces têtes de veaux de Français. Un deuxième référendum allait, enfin, donner la bonne réponse, attendue avec impatience par tous les eurocrates têtes à claque. Pour les besoins de la cause, le patron de Ryanair s'était fendu du relooking de l'un des avions de sa compagnie, peint aux couleurs chatoyantes et prometteuses du "OUI" irlandais, pour faire campagne dans la verte Érin.
Pourtant, ce n'est pas une souris verte que ce monsieur a sorti de sa culotte quand des salauds de technocrates français, empêcheurs de faire du business en paix ont eu le culot de lui signifier que les contrats de travail appliqués à ses employés français, en France, n'étaient pas légaux : non, ce monsieur a brandi la menace de fermeture de ses bureaux en France, et le rapatriement de ses employés sur la terre irlandaise. Monsieur le ministre Estrosi devait même monter au créneau pour le sermonner ; depuis, Estrosi s'est contenté de grimper aux rideaux après s'être fait débarquer du gouvernement. Pilote émérite, cette sortie de route ne l'a pas désarçonné plus que cela : depuis, il se console avec ses caméras à prunes automatiques.
Alors, maintenant, les Irlandais se disent que la belle Europe qui protège, vendue par des VRP milliardaires en costard
cravate, prostituée par un Barroso prêt à tout et surtout à se succéder à lui même à Bruxelles (le climat belge lui va mieux au teint que celui de son Portugal natal) les a un peu, beaucoup mis
dans la mouise pour une paire d'année. Ce ne sont pas les grecques qui diront le contraire. Il y a quand même un détail que l'on semble oublier : indépendante depuis moins d'un siècle, l'Irlande
est certes un petit pays, mais ses habitants n'ont eu besoin de personne, bien que l'ayant payé au prix fort, pour s'affranchir de la tutelle de la Grande-Bretagne. Et les Irlandais, en
manifestant devant la débauche de rigueur qui s'abat sur eux, n'ont pas tardé à clamer haut et fort : send them away ! Ce qui ressemble furieusement au ¡ Que se vayan todos ! des Argentins, ou au
"qu'ils s'en aillent tous" de Mélenchon, et par extension du Parti de Gauche.
Alors, populiste, le peuple irlandais ? On dira plus simplement que les tigres celtiques, plutôt que de bouffer de la vache enragée, ont choisi de manger du lion. A suivre, de très près. Le combat ne fait que commencer. Pour l'instant, en France, des veaux continuent de penser qu'ils ne seront pas tondus à leur tour comme des moutons… pauvres bêtes, cela fait un bout de temps que le maquignon en chef, bien avant sa sortie campagnarde au Mayet de Montagne, a estimé le cheptel et le prix qu'il pourrait en tirer. Reste à porter le coup qui affolera le bétail au point de lui faire perdre tout repère. Une chose est sûre : pas de pandémie grippale cette année, ça ne marche pas, n'est-ce pas, Roselyne ? Alors ? Quoi ? On verra bien. Demain sera un autre jour. Un de moins avant le rendez-vous de 2012.
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