Parti de Gauche

Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /Oct /2009 07:46

Déclaration du Conseil National du Parti de Gauche

 

Les prochaines élections régionales auront une signification nationale. Car le débat de la campagne électorale et le résultat du vote prendront leur place dans le cadre de la crise économique et politique qui accable notre pays. Aujourd'hui nous vivons un paradoxe. Cette crise, les choix et les méthodes du gouvernement de Nicolas Sarkozy devraient placer la gauche comme un recours attendu par le pays. Ce n'est pas le cas.  Loin de là. C'est même le contraire souvent : la droite continue de gagner les élections partielles ou l'abstention devient abyssale. Si rien ne change, non seulement Sarkozy continuera de se sentir les mains libres mais il peut raisonnablement envisager sa réélection. Selon nous, il ne doit pourtant rien à ses propres forces mais tout à la carence de la gauche qui n'est pas à la hauteur.

 

Pourquoi en est-il ainsi ? Notre analyse nous conduit à constater que la domination du Parti socialiste sur la gauche est la principale cause de la difficulté à mobiliser le grand nombre. En effet elle cantonne toute les propositions dans le cadre étroit de l'accompagnement du libéralisme et elle diffuse dans toute la gauche le poison de ses querelles de personnes et compétition de carrière. Quand la politique de la droite frappe, le PS aujourd'hui est un étouffoir pour toute dynamique populaire qui voudrait remettre en cause le système et imaginer un autre futur. Comme si cela ne suffisait pas, avec les offres d'alliance au Centre, le PS annonce clairement qu'il n'entend pas aller plus loin que ce que le MODEM peut accepter. Cette confusion, dorénavant entretenue dans toutes les élections est un adversaire permanent de la mobilisation à gauche.

 

Dans ce contexte, notre responsabilité est de proposer un autre chemin, une autre méthode pour que notre peuple puisse faire un autre choix. Sinon comment en finir avec le libéralisme et le productivisme ? Nous ne nous satisferons jamais de la seule protestation contre l'ordre établi. Nous voulons le changer pour de bon. Il faut pour cela construire une nouvelle majorité de gauche autour d'un nouveau pôle de rassemblement à gauche. Notre stratégie est l'alliance de toute l'autre gauche pour y parvenir. Pour commencer cette nouvelle alliance, nous avons construit le Front de gauche avec les communistes. Il est aujourd'hui le seul point d'appui unitaire disponible. Il a déjà reçu le soutien de 6,5 % des électeurs à sa première présentation devant les électeurs d'outre mer et de métropole. C'est un acquis précieux. Nous voulons le développer pour qu'il devienne la force de référence à gauche.. Et en même temps nous voulons que le front de gauche élargisse sa capacité à peser sur les évènements en concluant une alliance électorale stable avec toutes les autres forces de l'autre gauche, organisations, personnalités, groupement de dimension nationale où locale.

 

Le Parti de Gauche a travaillé depuis des mois en vue de ce résultat. Aujourd'hui existe un lieu qui permet le dialogue et les convergences, c'est le groupe de travail puisqu'il réunit à la fois les forces qui composent le Front de Gauche et des formations comme le NPA, les Alternatifs ou la Fédération. Bien sur il existe toujours des différents, parfois importants. Mais aucun ne doit être insurmontable pour peut qu'on en ait la volonté. D'ailleurs les avancées n'ont pas manqué au cours des trois premières réunions de ce Groupe de Travail. Le 28 octobre et 2 novembre deux nouvelles rencontres sont prévues. Nous voulons qu'elles permettent de conclure. Nous avons besoin en effet de passer rapidement à l'action et d'entrer tous ensemble de plain pied dans la campagne pour convaincre et entraîner nos concitoyens.
Le CN du Parti de Gauche présente à cet effet ses propositions :


1) Nos listes devront être, aux premiers tours, autonomes et indépendantes vis-à-vis du PS et d'Europe écologie.

 

2) Elles affirmeront que leur but est de réunir une majorité autour d'elles et de leur programme. Elles s'engageront, en conséquence, à défendre ce programme, quoiqu'il advienne dans les futurs conseils régionaux. Elles chercheront à les mettre en œuvre partout où le rapport de forces le permettra. Bien sur cette ambition suppose que notre programme ne soit pas uniquement déclamatoire et propagandiste ! Nous proposerons une politique cohérente, applicable dans le champ de compétences légales des régions, changeant réellement la vie des citoyens, l'exercice de la démocratie et modifiant le rapport de force avec les mécanismes de l'économie capitaliste en région.

 

3) Nos listes s'engageront sans ambiguïté sur le principe du rassemblement contre la droite au 2ème tour. C'est ce que nous nommerons des « fusions démocratiques » composées proportionnellement aux résultats du premier tour. Elles s'opéreront autour de la liste arrivée en tête : la notre, celle d'Europe écologie ou celle du PS. Nous demanderons solennellement le même engagement du PS et d'Europe Ecologie.

 

4) En ce qui concerne la participation aux exécutifs nous serons également sans ambiguïté. Nous voulons gouverner notre pays. Pourquoi ne voudrions-nous pas diriger une région ? Mais la participation aux exécutifs s'envisage comme un moyen d'atteindre nos objectifs. Ce n'est donc ni « jamais », ni « toujours ». Notre participation est donc liée aux conditions qui la rendent possible. Il s'agit du contenu du programme de deuxième tour, et du rapport de force permettant de l'appliquer. Bien sur, cette hypothèse exclut toute participation du Modem ou d'une quelconque organisation de droite. En raison du rapport de force entre les trois listes de gauche qui se disputeront les suffrages, la situation au soir du premier tour sera sans doute complexe du fait de la présence d'Europe écologie et de listes régionales.. C'est pourquoi nous proposons de ne pas nous enfermer dans un vis-à-vis avec le seul PS. Nous proposons de juger au cas par cas et en tenant compte aussi du déroulement de la campagne nationale et régionale.
Nous voulons rappeler que tout commence par un point incontournable. Un préalable à l'accord national que le Parti de Gauche est disposé à conclure sur ces bases : les listes de rassemblement de l'autre gauche au premier tour des régionales doivent être clairement autonomes du PS et d'Europe Ecologie. Nous savons qu'au moment même où nous adoptons cette déclaration, le CN du PCF travaille son « offre » nationale pour les Régionales. Nous espérons qu'elle contiendra clairement cette affirmation. Ensemble, nous pourrons ainsi continuer à mettre la dynamique du Front de Gauche au service du rassemblement unitaire de toutes les forces qui n'ont pas renoncé à opposer une alternative à la logique du système capitaliste et des modèles productivistes. Ce sera notre propre offre dès la prochaine réunion du groupe de travail de toute l'autre gauche.

 

Bagnolet le 24 octobre 2009.

Par Sylvie Boussand - Publié dans : Parti de Gauche - Communauté : Résistance 2007
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Dimanche 27 septembre 2009 7 27 /09 /Sep /2009 09:18

Devant le mur des lamentations de notre démocratie en lambeaux, je me refuse tout autant à exprimer des vœux pieux qu'à tendre la deuxième joue à ceux qui régulièrement essuient leurs semelles sur ma conception de la politique. De même, je refuse de courber l'échine devant les sachants qui nous expliquent à longueur de journée les pourquoi et les comment qui font que ce que nous vivons serait inéluctable. Je ne suis pas d'accord. Je ne me satisfais pas des explications tordues à souhait pour rentrer dans le moule des réponses toutes faites à l'usage des lobotomisés du quotidien.

Hier, j'assistais à une réunion, près de Vichy, de notre toute jeune section départementale du Parti de Gauche. A un moment, j'ai relevé la situation actuelle de notre pays, où tous les clignotants sont passés au rouge, alors que beaucoup se complaisent encore dans de béates certitudes de lendemains qui chantent. Notre petit groupe en est bien conscient.

Pendant ce temps, combien de partenaires possibles, l'œil rivé sur la ligne bleue des prochaines échéances électorales, commencent leurs petits calculs mesquins de comptage de sièges possibles à conserver ou à conquérir, prêts à renier toute alliance aussi vite qu'elle aura été conclue. Comment faut-il dire : "nous sommes dans une merde noire" pour que certains comprennent ? Comment fait-il dire que seul un front de résistance solide et solidaire pourra, peut-être, changer la donne ? Comment faut-il dire que ce que nous faisons, aujourd'hui, pose des jalons et peut infléchir une ligne dure, trop dure, pour les générations futures, pour nos gosses ? Comment faut-il dire que les "succès" électoraux des deux partis majoritaires que sont l'UMP et le PS ne sont que l'instrument nécessaire à leur position dominante, quels que soient leurs manquements et leurs reniements ?

Petit rappel incontournable : la "photographie"  des forces en présence lors du scrutin présidentiel de 2007.

Inscrits 44 472 834 100,00
Abstentions 7 218 592 16,23
Votants 37 254 242 83,77

Blancs ou Nuls 534 846 1,44
Exprimés 36 719 396 98,56

  Voix % Exprimés
  M.  Olivier  BESANCENOT 1 498 581 4,08
  Mme  Marie-George  BUFFET 707 268 1,93
  M.  Gérard  SCHIVARDI 123 540 0,34
  M.  François  BAYROU 6 820 119 18,57
  M.  José  BOVÉ 483 008 1,32
  Mme  Dominique  VOYNET 576 666 1,57
  M.  Philippe  de VILLIERS 818 407 2,23
  Mme  Ségolène  ROYAL 9 500 112 25,87
  M.  Frédéric  NIHOUS 420 645 1,15
  M.  Jean-Marie  LE PEN 3 834 530 10,44
  Mme  Arlette  LAGUILLER 487 857 1,33
  M.  Nicolas  SARKOZY 11 448 663 31,18


Certains partis ont besoin de faire, enfin, leur révolution culturelle. Je parle bien sûr des partis se réclamant de gauche. Doit-on penser qu'un parti existe encore quand, comme le dit la chanson, il bouge encore ? Ou quand il est capable de peser dans une élection ?

Certains partis ne pèsent plus, ou pas encore assez (tel le tout jeune Parti de Gauche). Alors, on fait quoi ? On attend d'avoir la confirmation que la troisième force politique en France est l'abstention ou le vote blanc ? On se rassure en se disant que cette troisième force invisible bien que comptabilisée ne représente que des citoyens qui ne se sentent pas concernés ? Je m'y refuse. Combien parmi eux de déçus, combien parmi eux de "à quoi bon", combien parmi eux de "y'en a marre, une fois au pouvoir, on se fiche de nous" ?

Et ceux qui pèsent désormais si peu, et ceux qui pèsent encore si peu se permettraient de les ignorer, et continueraient de donner l'exemple de frères ennemis réduits à soupeser tels des marchands de tapis les avantages de telle alliance ponctuelle et opportuniste ? En se réclamant de la gauche, en se réclamant du peuple ? Bel exemple, joli encouragement pour qui s'est résigné à ne plus utiliser le peu qui lui reste encore de notre démocratie : sa voix.

Alors oui il faut faire front. Alors oui il faut savoir ravaler la bile qui remonte dans la gorge de certains : on ne peut pas construire un avenir différent en se flagellant au quotidien avec les vieilles rengaines du passé, on ne peut pas avancer avec au pied le boulet des regrets d'une grandeur révolue. On ne peut pas en se comportant ainsi laisser le champ libre à ceux que nous voyons à l'œuvre depuis maintenant plus de deux ans.

Nous avons le devoir, le nécessaire devoir d'exister non pour nous mêmes, mais pour recréer un vrai espoir de changement, réaliste et pragmatique. La politique de casse et de la terre brûlée menée par l'UMP atteint son apogée. Le temps est fini de l'acharnement idéologique à faire vivre coûte que coûte des "étiquettes" rongées par la douloureuse nostalgie de ce qui n'est plus. Le temps est venu de revendiquer une nouvelle perspective d'avenir et de renaissance en renouant avec les fondamentaux de tout parti de gauche : un lien et une écoute attentive des citoyens de notre pays, une empathie d'autant plus facile si nos politiques et nos élus sont aussi des gens issus du peuple, de cette France qui est à la peine tous les jours. Des gens capables de se prendre en main, et de tendre la main avec vérité et confiance pour enfin changer la donne. Et réveiller enfin cette troisième force politique invisible mais que nul ne devrait ignorer.

Parti de Gauche, NPA, Communistes, et tous les autres qui refusez de cautionner la mise en coupe réglée de notre pays, la sape de nos institutions, la mise à mort de nos systèmes d'éducation, de santé, de protection sociale et de retraites, nous avons rendez-vous avec le jugement de nos enfants. Ce jugement sera implacable. Alors, on fait quoi ?
Par Sylvie Boussand - Publié dans : Parti de Gauche - Communauté : Résistance 2007
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Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /Sep /2009 12:59
L'autre gauche… celle à l'origine du Front de Gauche pour les élections européennes. Je ne suis, et ne serai jamais une "historienne" de la Gauche française. Citer Jean Jaurès, parfait. Cela, je n'en suis pas capable et ne m'en estime pas moins en droit de savoir ce qu'est être de gauche aujourd'hui, tout autant que certains atteints de logorrhée aïgue sur le sujet. Jaurès et d'autres personnalités appartiennent à l'histoire. Nicolas Sarkozy s'en est même emparé, c'est tout dire…
Plus simplement, Jaurès a fait sa vie, je fais la mienne. Ni dieu, ni maître.
Mais on peut être de gauche, aujourd'hui, et regarder vers l'avenir, au lieu de se complaire dans un passé certes glorieux, mais néanmoins révolu.
Si l'histoire nous enseigne, elle ne saurait suffire à éclairer le présent et encore moins l'avenir. La seule certitude, c'est que l'être humain obéit toujours aux mêmes fondamentaux ataviques : survie, recherche de la suffisance alimentaire, esprit de clan, pouvoir…
La société consumériste nous a apporté de nouvelles raisons d'avoir des besoins à satisfaire… et son lot de compromis, de nécessité absolue d'être ou de paraître selon des canons impératifs de bonheur pour tous.
Duperie de l'immédiateté, du plaisir aussi vite oublié qu'il a été âprement recherché…
Bref, tout ça pour vous dire que si je suis aujourd'hui fière de dire que je suis de GAUCHE, ce n'est pas la faute à Jaurès. Les temps ont changé, et c'est peu de le dire. Confiance… c'est incontournable pour agir.
L'intervention de Jean-Luc Mélenchon à la Fête de l'Humanité au sujet des élections à venir me conforte dans cette confiance. C'est pourquoi je souhaite la faire partager.



Par Sylvie Boussand - Publié dans : Parti de Gauche - Communauté : resilience
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Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /Sep /2009 08:51

Non. Écologie ne rime pas avec plus de taxe pour les pauvres.

Écologie rime avec intérêt général, service public et solidarité !


 

 

Ce projet de taxe carbone a été tellement mal amené, pour être ensuite tellement mal ficelé, finalement, (aujourd'hui même) par N Sarkozy, qu'on finirait presque par croire que le gouvernement souhaitait torpiller son propre projet depuis le début !

 

Car enfin, comment imaginer une seule seconde rendre populaire une taxe sur les ménages, quand dans le même temps les gros pollueurs se voient distribuer des quotas de CO2 gratuits ?

 

Comment penser influer sur les comportements individuels quand on pénalise les dépenses contraintes - chauffage, transports - sur lesquelles les particuliers n'ont bien souvent pas le choix de faire autrement ?

 

Comment faire passer pour écologique une mesure qui laisse de côté le nucléaire et exonère le transport routier ?!

 

Comment justifier le transfert de taxes des entreprises vers les particuliers,

déjà éreintés par la récession et le chômage ?

 

Avec ce type de mesures, on va faire croire aux citoyens qu'écologie rime avec passage à la caisse et baisse de la qualité de vie ! C'est pourtant tout le contraire !

 

EDF, GDF et TOTAL engrangent chaque année des profits faramineux sur le dos des consommateurs sans qu'aucune contrepartie ne leur soit demandée pour respecter les engagements climatiques de la France !

 

Il est grand temps de les faire revenir dans le giron public, et d'affecter leurs profits à la réhabilitation du parc de logement et au développement des énergies renouvelables.

 

Il est grand temps de supprimer les exonérations de TIPP dans le transport routier et l'aérien, pour les affecter au développement du rail. De redonner des objectifs de service public à la SNCF pour qu'elle arrête de pratiquer des tarifs prohibitifs pour les particuliers et qu'elle permette à tous de prendre le train.

 

Grand temps, enfin, de mettre en place une tarification progressive de l'énergie qui permette à tous d'accéder au minimum fondamental et d'inciter à la sobriété en renchérissant le mésusage.

 

Non. Écologie ne rime pas avec plus de taxe pour les pauvres.


Écologie rime avec intérêt général, service public et solidarité.


Elodie Vaxelaire, SN à la planification écologique

Corinne Morel Darleux, SN au combat écologique

© Parti de gauche

Par Sylvie Boussand - Publié dans : Parti de Gauche - Communauté : Résistance 2007
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Mercredi 2 septembre 2009 3 02 /09 /Sep /2009 00:53


Ecole, enfance, Petite-Enfance :
même combat pour des services publics de qualité


La France, championne de la natalité, malgré la crise et un horizon bien sombre, on aurait pu penser que le gouvernement de N. Sarkozy prendrait la mesure de cette donnée et soutiendrait les familles.
Que nenni ! Cohérente dans sa casse du service public, il applique scrupuleusement la Révision Générales des politiques publiques.

La droite a donc commencé par organiser la fin de la scolarisation des moins de trois ans : ainsi le taux de scolarisation de cette tranche d'âge est passé de 35% en 2000, à 21% en 2008 en France avec de très fortes inégalités territoriales puisqu'il n'est que de 5% en Seine Saint Denis. Ayant ainsi créé la pénurie, le gouvernement  peut avancer son pion suivant. Mme Tabarot députée UMP remet en juillet 2008 un rapport sur le développement de l'offre d'accueil de la Petite Enfance.

Ce rapport débute par une analyse intéressante soulignant l'importance de ce secteur pour, entre autre, l'égalité entre les hommes et les femmes et l'attractivité des territoires. Il souligne d'autre part le plébiscite des français pour les structures collectives. Viennent ensuite les propositions qui devraient découler ce cette analyse.Et là, oh, stupéfaction, le discours sur la famille, les besoins de l'enfant, la conciliation vie familiale / vie professionnelle n'est plus d'actualité.


Les jardins d'éveil

Première proposition de Mme Tabarot, et la plus médiatisée, les jardins d'éveil sont censés remplacer l'accueil des moins de 3 ans. Argument avancé :
« L'application des objectifs de régulation budgétaire au Ministère de l'Education Nationale pourrait le conduire à poursuivre sur la voie de la diminution, voire de la suppression de l'accueil des enfants de 2 à 3 ans à l'école maternelle »

Qu'en est-il de l'intérêt de l'enfant, de son éveil ( !!) ?
Payant pour les familles et pour les collectivités territoriales, ils seraient encadrés par des personnes ayant un CAP Petite enfance, voir des seniors, avec un taux de 1 adulte pour 12 enfants. Ces jardins pourraient être publics ou privés, voir confessionnel. (voir article de Vachane, ICI)

Le Parti de Gauche s'oppose à la création de ces jardins d'éveil qui remettent en cause l'équité territoriale, la laïcité et l'égalité républicaine.
Nous réaffirmons notre attachement à l'ECOLE maternelle gravement menacée par ces projets.
Non, Mme Tabarot, l'ECOLE maternelle française n'est pas une garderie comme vous l'écrivez dans votre rapport. Elle constitue un maillon essentiel de notre système éducatif.
 
 
MAM et micro- crèches


Les autres propostions du Rapport Tabarot continuent sur la même ligne : moins coûtant, libéralisation, personnel moins formé et enfants plus nombreux.
Ansi au lieu de permettre aux collectivités de poursuivre le développement des structures collectives grâce au financement des CAF, il est proposé de réunir plusieurs assistantes maternelles dans un même lieu (Maison d'Assistantes Maternelles -MAM- et micro-crèche) sans préciser cependant  ni les responsabilités ni le financement.
Les assistantes maternelles bénéficient au maximum de 120 heures de formation.
Mon propos ici n'est pas d'opposer les différents professionnels entre eux (auxiliaire de puériculture, éducatrice de jeunes enfants, puéricultrice) mais bien de montrer les inquiétudes que font naître ces projets. Une vraie formation pour tous est la seule garantie d'un  service de qualité.
 
Enfin, Mme Tabarot revient vers les entreprises en soulignant d'abord que "les incitations fiscales et sociales ont peu d'effet sur le développement de l'offre d'accueil", elle persiste cependant et propose donc d'élargir ces avantages : crèches d'entreprises et entreprises de crèches se voient donc tracer une voie Royale : les fonds publics iront une fois de plus abonder le marché.

Les propositions de ce rapport sont inquiétantes avant tout pour les enfants et donc pour l'avenir de notre société.

Le Parti de Gauche se devait, en cette rentrée 2009, d'affirmer son attachement au principe de la mise en place d'un véritable service public de la Petite Enfance, assurant qualité et diversité pour répondre aux besoins des familles et au développement des petits.

L'Etat a signé avec la CNAF (caisse nationale d'allocation familiale) une convention d'objectifs et de gestion fixant à 1,3 milliards l'enveloppe destinée à ces projets. Les fonds publics doivent aller au public et permettre le développement d'un service public de la Petite Enfance.
 
© Jeannick LE LAGADEC
Secrétaire nationale protection sociale Parti de Gauche
Par Sylvie Boussand - Publié dans : Parti de Gauche - Communauté : Résistance 2007
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