Un simple détail de l'histoire interdit à la Banque Centrale Européenne de prêter aux états : le traité de Lisbonne. Simple détail ? Oui, parce que rejeté par référendum par le peuple français en 2005, puis par les peuples néerlandais et irlandais. Depuis, en France, le magicien Sarkozy, avec l'aide bienveillante des socialistes lors du congrès de Versailles en 2008, a fait adopter par voie parlementaire ce traité scélérat.
Donc, grâce à cause du traité de Lisbonne, la BCE ne peut pas prêter aux états. Ces derniers sont obligés de se financer sur les marchés financiers. Les banques. Jusque là, vous suivez ? On continue. Les banques n'ont pas en caisse les montants qu'elles prêtent aux états. Elles vont donc chercher cet argent à la banque centrale. La BCE. Cette dernière, avec le souci quasi obsessionnel de juguler l'inflation, prête à 1 %, dernièrement à 1,5 %, et annonce une baisse prochaine à 1,25 %. Pas cher ! On en rêverait, de crédit à 1,5 %, n'est-ce pas ? Nous, on peut rêver, c'est les banques qui en profitent.
Donc, la banque prête à un état, avec les sous de la BCE. Pour la France, c'est à peu près, grosso modo, à 3%. L'an dernier, pour la Grèce, cela a frôlé les 20 %… Bref, la suite se devine, qui plus est avec une dette héritée de longue date de la droite au pouvoir jusqu'en 2009, et avant cela de la dictature des colonels. Madame la BCE, qui ne peut pas prêter aux états, n'est-ce pas, a néanmoins volé au secours de la Grèce en rachetant de la dette souveraine grecque… aux banques à qui elle avait prêté de quoi prêter à la Grèce. Vous suivez toujours ? Vicieux, non ?
Vous comprenez donc que la BCE, prêtant aux états, sans laxisme, mais à 1 ou 1,5 %, casserait les reins de la spéculation sur les dettes souveraines, et empêcherait les marchés de s'attaquer aux états. Pourquoi ? Parce que la BCE a une puissance de frappe financière que n'auront jamais les banques. C'est elle qui dispose du droit de création monétaire. Attaquer, ou pas, telle serait la question. Réponse en vidéo : Baar dans le rôle de la BCE, Youk dans le rôle de la Grèce, et le puma… mes excuses au puma. Ce dernier ne chasse que pour manger. Pas pour se goinfrer et faire du gras.
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