Dimanche 12 avril 2009
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Concernant les paradis fiscaux, il y a un aspect capital
qui a très peu, voir pas du tout été évoqué :`
le blanchiment de l'argent TRES sale.
Et accessoirement, les circuits empruntés pour faire
transiter des flux financiers que je qualifierai de "flux rouge" :
rouge comme le sang, car gagné sur et au mépris de la vie.
Les mafias,qu'elles soient de Calabre, de Sicile, d'Albanie ou des Etats-Unis, les cartels colombiens, afghans, pakistanais, des groupuscules
divers en dissidence ou en guerre civile dans leur pays, et j'en passe, ont tous le même souci : maintenant qu'on a bien fait notre boulot, comment on fait pour profiter en plein jour et investir
notre pognon dégueulasse pour qu'il nous rapporte encore plus ? Comment on fait pour rapatrier cet argent et financer un parti politique, un homme politique, des milices armées, ou une
association qui sous couvert d'humanitaire va "miner" les fondations chancelantes d'un gouvernement que l'on veut mettre à mal ?
Les diamants illégaux de la Sierra Leone ont financé les exactions commises sur son sol et au Liberia au début des années 2000, ces diamants ont fini sur la place d'Anvers, place mondiale du
négoce diamantaire, et ont été achetés et payés légalement par des courtiers. Au Kosovo, avec quel argent a été payé les armes de l'UCK ? La mafia albanaise a recyclé une partie de l'argent de la
prostitution pour financer leurs frères kosovars, et accessoirement s'ouvrir de futurs débouchés lorsque la province accéderait à l'autonomie, et de nouvelles réserves de "chair fraîche".
Certains dictateurs africains, asiatiques, ou sud-américains en leur temps, ont bien fait "sortir" des capitaux de leur pays, pour se les approprier avec la complicité de grandes banques
mondiales, basées ici ou là, souvent en Suisse.
L'argent de la drogue, récupéré par les grossistes, les demi-grossistes et les "détaillants" en espèces (payer sa dose par carte Visa est encore peu usité) finit bien par atterrir sur un compte
en banque, quelque part. Il en va ainsi de l'argent de la prostitution, de l'argent des circuits organisés de travailleurs clandestins, et des circuits structurés de passeurs de sans-papiers.
L'un n'étant jamais exclusif de l'autre. Cet argent, il va bien falloir lui donner une allure convenable, propre, pour acheter ensuite des biens immobiliers, avions, ou autres babioles de façon
légale. Payer un Falcon en petites coupures est peu fréquent, même pour un milliardaire.
Les sociétés off-shore sont là pour ça, entre autre chose. Acte 1 : vous créez ou faites créer par un juriste spécialisé une société basée dans un pays peu regardant sur l'activité réelle
des sociétés immatriculées chez lui. Par exemple aux îles Cayman. Une société X avec un bon capital. Acte 2 : vous ouvrez un ou des comptes en banque dans des pays discrets, au nom de
votre société X, par exemple en Suisse ou au Liechtenstein. Acte 3 : vous demandez à la banque d'investir ces capitaux sur les marchés boursiers. Peu importe que vous perdiez de l'argent
(pas trop quand même), l'argent qui revient après liquidation de votre position est propre. Acte 4 : Si vous êtes bien conseillé, vous pouvez alors créer une société Y dans un autre pays,
la France par exemple. Le capital de cette société Y est propre, puisque venant de X par le biais de filiales et autres fantaisies, et vous embauchez un pingouin de bonne foi pour la faire
tourner. Cette société va acquérir des biens, par exemple un bâtiment, et va le revendre, ou alors, la société va être vendue. Acte 5 : un autre pingouin va acheter ce bâtiment ou cette
société Y. Cher. Ce pingouin fait parti de votre troupeau, et il achète avec l'argent propre venu de la banque de la société X. Acte 6 : vous avez maintenant votre capital en France, dans
une banque française, et vous êtes membre du Rotary ou autre, car vous savez vous faire apprécier et n'hésitez pas à donner aux œuvres caritatives. Vous pourrez aussi financer des groupes
terroristes si cela vous amuse. Vous avez la réputation du riche industriel venu de Russie, de Colombie ou d'Asie du sud-est, et vous avez un "cœur gros comme ça". Vous pouvez aussi être
français, italien, ou canadien.
Les valises de billet ne circulent plus beaucoup de nos jours, la dématérialisation des flux financiers permet en quelques clics de transférer des sommes faramineuses d'un bout du monde à
l'autre. En quelques minutes. Pour peu que ces capitaux, à l'arrivée et au départ, soient inscrits dans une banque. Et au final, les récupérer et les "sortir" pour de nouveaux investir dans des
activités dégueulasses, qui vous apporteront de nouveaux capitaux. Et on recommence, acte 1…
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