Jeudi 28 mai 2009
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Vous avez peut-être été confronté à un refus de scolariser votre enfant de 2 ans en école maternelle. Il est vrai que cette scolarisation est possible, mais non obligatoire, et dépend des
effectifs de la "petite section".
Pourquoi ? Tout simplement parce que, selon le nombre d'élèves de 3 ans déjà inscrits, la commune pourra accepter votre petiot, si il y a de la place dans cette
section. Seule une augmentation d'effectif des 3 ans déclenche une création de poste d'instituteur, et l'ouverture d'une nouvelle classe, par décision de l'académie. Les 2 ans complètent le
nombre des 3 ans, sans pouvoir dépasser le seuil maxi de la classe.
En 2007, dans la Loire, l'académie commençait à recenser les enfants inscrits de 3 ans, en vérifiant s'ils auraient ou non 3 ans révolus à la date de la rentrée
scolaire 2008/2009… afin de faire de la prospective ? Comme la mode est à l'élagage, on peut raisonnablement s'attendre à une hausse progressive de
l'âge requis pour accéder à l'école maternelle, cela pourrait même atteindre lâge de 5 ans… avec intégration de la grande section de maternelle en classe de pré-scolarisation de l'école
primaire.
Le temps est venu d'un glissement insidieux vers une privatisation de l'enseignement ; le temps est aussi venu de la disparition programmée de la "maternelle" telle que nous la connaissons, et
telle que la reconnaissent les autres pays : comme un modèle.
Certains l'ont bien compris : il se murmure que dans ce cas, la CAF pourrait financer des modes de garde "alternatifs"… y compris "jardins d'enfants" ou "jardins d'éveil". Cela pourrait donc
devenir juteux de s'occuper des petits ! J'exagère ? Lisez plutôt cet article, paru dans le Canard enchaîné fin 2008. Edifiant…
Main basse sur l'école publique :
OPA des cathos sur les bambins
Les bons pères sont en embuscade pour mettre la main sur un nouveau créneau. C'est la revue « Enseignement catholique actualités » qui, en février 2008, a annoncé la couleur. Dans un dossier
intitulé « Place aux tout-petits », les grands prêtres expriment leur désir d'ouvrir des crèches à l'intérieur de leurs établissements pour permettre un accueil précoce des enfants, « dès 18 mois
ou même en deçà ». Et à la demande du secrétariat général de l'Enseignement Catholique, les directeurs diocésains ont été priés de nommer, dans chaque département, un référent en matière de
petite enfance, en vue d'une grand-messe célébrée le 26 novembre 2008 à Paris.
Pas besoin d'une étude de marché : les moins de 3 ans, cela représente 2,5 millions de bouts de chou. Et autant de « clients ». Un bon moyen de capter une clientèle qui, avec un peu de chance,
restera dans le privé durant toute sa scolarité. C'est ce qu'on appelle un investissement à long terme. Avec, côté financement, la bénédiction de la Caisse Nationale des Allocations Familiales.
Son patron, Jean-Louis Deroussen, était jusqu'à sa nomination, en 2006, le président de la Confédération Française des Travailleurs Chrétiens de l'enseignement privé. Jean-Louis Deroussen a été
invité, bien sûr, à siéger au Haut Conseil de la Famille, un machin créé, le 28 octobre 2008, par la secrétaire d'Etat chargée de la famille, Nadine Morano, et présidé par François Fillon.
Extraordinaire hasard, Darcos, ardent supporter de l'Enseignement catholique, a préparé le terrain. Le 14 novembre 2008, devant les sénateurs, le ministre de l'Education affirmait que l'école
maternelle était tout à fait inadaptée aux moins de 3 ans, et qu'il vaudrait mieux s'orienter vers des « jardins d'éveil ».
En juillet dernier, déjà, Darcos avait poussé ce cri du cœur : « Est-il vraiment logique, alors que nous sommes si soucieux de la bonne utilisation des crédits de l'Etat, que nous fassions passer
des concours à bac + 5 à des personnes dont la fonction va être essentiellement de faire faire des siestes à des enfants, ou de leur changer les couches ? »
Excepté le ministre Darcos, tous les parents savent que l'école n'accueille pas les enfants qui ne sont pas propres. C'est même LA condition pour l'entrée des têtes blondes dans le circuit
scolaire.
Darcos ne s'est pas appesanti sur cette vérité statistique toute bête : faute de postes d'instits, 40 000 bambins, pour la plupart issus des milieux défavorisés, n'ont pu être scolarisés à la
rentrée 2008 - 2009.
Les cathos vont accomplir un miracle ?
© Brigitte Rossigneux, Le Canard Enchaîné, 26 novembre 2008, page 4.
Collectif Bellaciao
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article75120
Je m'excuse de placer ce message parmi les commentaires, je n'ai pas trouvé de lien de contact (il y en a un en bas de page mais dans le doute...).
Je souhaitais juste vous dire que le pseudo "mouvementpopuliste" sur Youtube a mis en ligne un second clip.
J'ai remarqué que vous aviez parlé du premier - "Marre des sarkozystes" - début avril.
Peut-être celui-ci vous plaira également (pas aussi finalisé que "leclipquidechire" mais pas le même budget non plus, je pense...).
Le titre : "Bienvenue au mouvement populiste"
Le lien : cliquez ici
Merci de votre attention.
A plus tard.
Par contre il est vrai qu'il faut absolument trouver des alternatives pour permettre aux mamans de faire garder leurs enfants. On manque de place partout pour accueillir même temporairement (surtout temporairement ?) les bambins pendant que les mamans sont occupées. c'est une honte
Par contre, avant, il y avait possibilité de faire une seconde rentrée en janvier, pour ceux qui n'étaient pas tout à fait prêts en septembre ; maintenant, c'est fini.
Par ailleurs, selon la famille et le milieu, une scolarisation "douce", juste le matin (la journée entière, en effet, c'est trop pour les plus petits), peut avoir des effets très bénéfiques.
Je pense plus spécialement aux petits qui vivent dans un foyer ou la langue maternelle n'est pas le français ; ainsi qu'à ceux qui pour X raisons, vivent dans un foyer avec très peu de contacts avec l'extérieur, et sont enfants uniques. La socialisation et l'apprentissage du "vivre ensemble" ainsi
que des règles simples sont des acquis importants pour l'enfant et ses futures années scolaires.
Après, bien sûr, il y a toutes sortes d'exceptions.
Et la "qualité" des personnels ainsi que leur "nombre" est aussi un facteur important.
Nous nous accordons tous à trouver que les gamins de maintenant sont plus dégourdis que leurs aînés ; l'école maternelle avec ses apprentissages y est sûrement pour quelque chose.
La dérive, ce sont des petiots qu'on dépose le matin à 7 heures et qu'on reprend le soir à 18 heures ;
pas raisonnable de la part des parents, et pas bien bon pour un bout d'chou et ses rytmes de jeune enfant. Mais là, le problème est avec les parents, pas avec l'enfant.
il a encore joué les filles de l'air ?
Je regarde et je reviens vers vous.
Bonne journée Dany.