Devant le mur des lamentations de notre démocratie en lambeaux, je me refuse tout autant à exprimer des vœux pieux qu'à tendre la deuxième joue à ceux qui régulièrement essuient leurs semelles
sur ma conception de la politique. De même, je refuse de courber l'échine devant les sachants qui nous expliquent à longueur de journée les pourquoi et les comment qui font que ce que nous vivons
serait inéluctable. Je ne suis pas d'accord. Je ne me satisfais pas des explications tordues à souhait pour rentrer dans le moule des réponses toutes faites à l'usage des lobotomisés du
quotidien.
Hier, j'assistais à une réunion, près de Vichy, de notre toute jeune section départementale du Parti de Gauche. A un moment, j'ai relevé la situation actuelle de notre pays, où tous les
clignotants sont passés au rouge, alors que beaucoup se complaisent encore dans de béates certitudes de lendemains qui chantent. Notre petit groupe en est bien conscient.
Pendant ce temps, combien de partenaires possibles, l'œil rivé sur la ligne bleue des prochaines échéances électorales, commencent leurs petits calculs mesquins de comptage de sièges possibles à
conserver ou à conquérir, prêts à renier toute alliance aussi vite qu'elle aura été conclue. Comment faut-il dire : "nous sommes dans une merde noire" pour que certains comprennent ? Comment
fait-il dire que seul un front de résistance solide et solidaire pourra, peut-être, changer la donne ? Comment faut-il dire que ce que nous faisons, aujourd'hui, pose des jalons et peut infléchir
une ligne dure, trop dure, pour les générations futures, pour nos gosses ? Comment faut-il dire que les "succès" électoraux des deux partis majoritaires que sont l'UMP et le PS ne sont que
l'instrument nécessaire à leur position dominante, quels que soient leurs manquements et leurs reniements ?
Petit rappel incontournable : la "photographie" des forces en présence lors du scrutin présidentiel de 2007.
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Inscrits
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44 472 834
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100,00
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Abstentions
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7 218 592
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16,23
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Votants
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37 254 242
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83,77
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Blancs ou Nuls
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534 846
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1,44
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Exprimés
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36 719 396
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98,56
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Voix
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% Exprimés
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M. Olivier BESANCENOT
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1 498 581
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4,08
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Mme Marie-George BUFFET
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707 268
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1,93
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M. Gérard SCHIVARDI
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123 540
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0,34
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M. François BAYROU
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6 820 119
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18,57
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M. José BOVÉ
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483 008
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1,32
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Mme Dominique VOYNET
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576 666
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1,57
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M. Philippe de VILLIERS
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818 407
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2,23
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Mme Ségolène ROYAL
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9 500 112
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25,87
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M. Frédéric NIHOUS
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420 645
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1,15
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M. Jean-Marie LE PEN
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3 834 530
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10,44
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Mme Arlette LAGUILLER
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487 857
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1,33
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M. Nicolas SARKOZY
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11 448 663
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31,18
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Certains partis ont besoin de faire, enfin, leur révolution culturelle. Je parle bien sûr des partis se réclamant de gauche. Doit-on penser qu'un parti existe encore quand, comme le dit la
chanson, il bouge encore ? Ou quand il est capable de peser dans une élection ?
Certains partis ne pèsent plus, ou pas encore assez (tel le tout jeune Parti de Gauche). Alors, on fait quoi ? On attend d'avoir la confirmation que la troisième force politique en France est
l'abstention ou le vote blanc ? On se rassure en se disant que cette troisième force invisible bien que comptabilisée ne représente que des citoyens qui ne se sentent pas concernés ? Je m'y
refuse. Combien parmi eux de déçus, combien parmi eux de "à quoi bon", combien parmi eux de "y'en a marre, une fois au pouvoir, on se fiche de nous" ?
Et ceux qui pèsent désormais si peu, et ceux qui pèsent encore si peu se permettraient de les ignorer, et continueraient de donner l'exemple de frères ennemis réduits à soupeser tels des
marchands de tapis les avantages de telle alliance ponctuelle et opportuniste ? En se réclamant de la gauche, en se réclamant du peuple ? Bel exemple, joli encouragement pour qui s'est résigné à
ne plus utiliser le peu qui lui reste encore de notre démocratie : sa voix.
Alors oui il faut faire front. Alors oui il faut savoir ravaler la bile qui remonte dans la gorge de certains : on ne peut pas construire un avenir différent en se flagellant au quotidien avec
les vieilles rengaines du passé, on ne peut pas avancer avec au pied le boulet des regrets d'une grandeur révolue. On ne peut pas en se comportant ainsi laisser le champ libre à ceux que nous
voyons à l'œuvre depuis maintenant plus de deux ans.
Nous avons le devoir, le nécessaire devoir d'exister non pour nous mêmes, mais pour recréer un vrai espoir de changement, réaliste et pragmatique. La politique de casse et de la terre
brûlée menée par l'UMP atteint son apogée. Le temps est fini de l'acharnement idéologique à faire vivre coûte que coûte des "étiquettes" rongées par la douloureuse nostalgie de ce qui n'est plus.
Le temps est venu de revendiquer une nouvelle perspective d'avenir et de renaissance en renouant avec les fondamentaux de tout parti de gauche : un lien et une écoute attentive des citoyens de
notre pays, une empathie d'autant plus facile si nos politiques et nos élus sont aussi des gens issus du peuple, de cette France qui est à la peine tous les jours. Des gens capables de se prendre
en main, et de tendre la main avec vérité et confiance pour enfin changer la donne. Et réveiller enfin cette troisième force politique invisible mais que nul ne devrait ignorer.
Parti de Gauche, NPA, Communistes, et tous les autres qui refusez de cautionner la mise en coupe réglée de notre pays, la sape de nos institutions, la mise à mort de nos systèmes d'éducation, de
santé, de protection sociale et de retraites, nous avons rendez-vous avec le jugement de nos enfants. Ce jugement sera implacable. Alors, on fait quoi ?
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