Vachane, le blog
Il y a des jours comme ça, où les peines s'accumulent. En 2007, présumés innocents, nous avons été des millions à en prendre pour 5 ans. Et pourtant, pas plus Rachida Dati que MAM n'avaient encore déployé tous leurs talents… alors, coupables par omission ? Coupables par abstention ? Coupables par crédulité ? Le verdict est tombé. 5 ans. Fermes. Les mois passant, il n'y a pas eu de réduction de peine, pas de grâce présidentielle, même pas un espoir de liberté conditionnelle.
Très vite, des indices probants d'erreur judiciaire se sont étalés sur la place publique : accointances indécentes, luxe tapageur, amitiés affairistes… Des ralliements aussi surprenants qu'intéressés ont jeté la confusion, entretenu un quiproquo douteux sur les réelles motivations du vainqueur, peu glorieux, mais vainqueur néanmoins de cet épisode extraordinaire. Comme de tradition en pays de Gaulle, qui dit vainqueur dit bouclier. Se hisser sur un bouclier présente bien des avantages ; en premier, celui de surplomber tout un chacun. Un petit plaisir qui ne coûte rien, ou si peu, et qui grandit tellement… et en second, c'est toujours utile de faire un petit geste en direction de ses vassaux préférés, les plus diligents et aptes à vous renvoyer… l'ascenseur ? Ascenseur pas social pour un sou, mais qui aurait l'idée d'enfourner des millions de gueux dans un ascenseur prévu pour une poignée d'initiés ? Brisons là.
Le vent soufflant de l'ouest a apporté aussi une de ses vieilles traditions indiennes : la prise de scalps. Parmi les plus beaux trophées, si ce n'est le plus fourni, le neveu aura apporté une touche originale et décalée ; le meilleur d'entre "nous", encore moins fourni côté chevelure, mais riche d'un passé et d'une aura chiraquienne vient compléter fort à propos un tableau de chasse où plus grand monde ne se cache pour participer à la curée et en jouir.
Diable, le temps passe pour tout un chacun ; 18 mois, il reste 18 mois pour que la valse des prétendus aille à son terme, et il faut bien balancer un os, quelque chose à ronger à ceux, nombreux, qui n'ont pas encore approché la table du festin républicain. Il faut trancher, faire de la place, quitte à exclure du milieu de la table ceux qui ont pourtant bien servi leur hôte en œuvrant avec dévotion sur la moquette rouge du Palais du Luxembourg.
La réforme est passée, un ange aussi, emportant les têtes de proue centristes qui se cherchent un nouveau rivage pour s'y échouer, en quête d'une embellie. Et pendant ce temps, les condamnés de 2007 tirent leur peine, rongeant leur frein, alors que sous leur peau tannée par la rancœur des soubresauts annoncent des révoltes à venir. Désormais familiers de cette odeur douceatre, annonciatrice de nouveaux coups tordus, leurs narines frémissent : les goinfres ont trouvé de nouvelles sources de régal, et affûtent leurs arguments. Diable, l'assurance maladie et la fiscalité méritent des messes basses. Elles le valent bien.
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