Samedi 13 février 2010 6 13 /02 /Fév /2010 02:23
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Quelle question pourrais-je poser aux Français si la démocratie directe existait ?

Merci à Dominique, de m’avoir posé cette question…
et de m’avoir rappelée à l’ordre pour ma réponse qui se faisait attendre…

Un petit tour d’horizon afin de planter le décor et nourrir ma réflexion : démocratie directe, démocratie représentative, démocratie participative… par manque de bravitude, je n'évoquerai pas cette dernière, qui reste à inventer. Finalement et pourquoi pas, et surtout, le vivre ensemble.

Ensemble, donc. Alors oui, comment fait-on pour continuer à vivre ensemble sans se cracher à la figure ou se sauter à la gorge ? Un débat ? Des débats ? C’est là que des bâts blessent. Si le Français n’est point exactement un veau, petit de la vache à qui mon capital sympathie est acquis, certains trublions en haut lieu se font un malin plaisir de tendre quelques carottes aux fanes défraîchies pour rameuter quelques ânes friands d’appâts rances.

Apparences, donc. Trompeuses. Dernier exemple en date : le débat sur l’identité nationale. Un florilège… devenu le temps de quelques mois LE sujet incontournable, épouvantail des uns, chiffon rouge des autres, pain béni des médias toujours prêts à servir la soupe. La démocratie n’en est pas sortie grandie. L’électorat du FN, si, un chouïa, mais ce n’est que la reprise de l’avance consentie en 2007 et à son corps défendant à un candidat fort offensif.

Offense, donc. Offense à notre jeunesse stigmatisée, accusée de tous les maux alors que le peu de mots de leur vocabulaire atrophié par la bêtise crasse d’un PAF, étendard d’une culture indigente non indigène, les enferme dans un huis-clos déprimant. Jeunesse menottée, malmenée, bâillonnée, ballottée entre les mains de cuistres qui s’en saisissent tel un coin à enfoncer dans un code pénal Dalloz.

DALO, donc. Loi cache misère, une de plus, loi de circonstance qui cet hiver encore n’aura pu masquer les morts de froid dans la rue. "Je veux si je suis élu président de la République que d'ici à deux ans (donc, 2008) plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid  …/…" Les promesses ténues non tenues ont produit leur effet en 2009 : 338 personnes SDF sont mortes dans la rue.

Promesse, donc. Promesse de la démocratie directe, du peuple souverain… Depuis Athènes, la démocratie représentative a fait son chemin. Créant dans son sillage une nouvelle aristocratie du pouvoir, oublieuse de son devoir. Représentative, ou l’art subtil de donner encore plus de pouvoir à ceux qui l’ont déjà. Art subtil pour exercice d'un vouloir souvent grossier, parfois vulgaire, où montent en première ligne nos médias de révérences prompts à donner la parole à ceux qui l’ont déjà, et, pour desservir à dessein, à de petits feux follets, autodafé d’une autre opposition en devenir.

Devenir, donc. Avenir, espoir, victoire de l’être sur le paraître, appropriation d’un destin collectif, histoire à écrire d’une société qui se réinvente, tourne résolument le dos aux fossoyeurs de ses aspirations légitimes, se détourne de tous les ismes pourvoyeurs de précarité sociale, de pauvreté, de misère intellectuelle, d’obscurité et de solitude, destructeurs de liens et de sens.

Ai-je bien compris le sens de la question à poser ? Je veux croire que oui. Mais je dois accepter que la réponse ne me convienne pas. On verra bien… alea jacta est. Foin de Rubicon, l'Allier me sied.

Quel modèle de société voulez-vous laisser aux générations futures ?
Par Sylvie Boussand - Publié dans : Bonnet d'âne - Communauté : Résistance 2007
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Commentaires

Bonsoir Sylvie,
Tous ces mots pleins de rèves, d'utopies hélas ne feront pas une nouvelle société, les nantis seront toujours les nantis, et prolétaire lamda aura beaucoup de mal à améliorer son sort.
Je vais vous conter un peu mon histoire. Je fais partie d'une des dernières génération a être encore en vie. Né en 1937 en Correze j'ai connu la guerre, en 44 j'avais 7 ans et je me souviens des massacres d'Oradour et de Tulle entre autre, mon père était maquisard et petit fermier. J'ai connu la misere du manque d'argent , pas celle de la nourriture qui n'était pas grasse mais des pommes de terre aux navets, voire des topinanbourgs et surtout du pain et du lait ne m'ont jamais manqué. L'euphorie de l'aprés guerre a été une belle periode d'espoir d'envie de s'élever dans la socièté, Au  centre d'apprentis de Tulle j'obtiens un CAP de maçon en 54. Je croyais qu'avec cela j'allais me défendre, hélas mon premier patron aigris par 5 ans de captivité et malade m'en a fait baver pendant un an, j'avais juste 17 ans, ceux qui ont suivi n'étaient guere meilleurs. Dans le même temps rapidement la politique a pris le dessus et chacun connait les cabinets ministériels fantomes de la fin des années 50, avec des Présidents de la République apoplectiques et la guerre d'algérie où on m'a volé 27 mois des plus belles années de ma jeunesse. Rentré en 1960 j'en ai bavé encore pendant dix ans ( j'ai changé de patron 12 fois en cette période et c'est presque toujours moi qui partais),. J'étais marié aussi en 60 on courrait les logements meublés, des gourbis le plus souvent qui coutaient presque ce que gagnait ma femme à faire des ménages chez un photographe à Tours. Bref en 1970 j'avais parcouru la moitié de la France avec ma femme et à partir de 64 notre fille et j'obtiens un hlm en Essonne et dans le même temps professionnellement cela se passait mieux, ma femme trouvait une place à la commune et moi qu'on avait baptisé chef de chantier je commençait à gagner du respect et un peu mieux ma vie.
J'ai cru comme vous tous , et c'est bien d'y croire, que la sociétéet  les patrons surtout deviendraient meilleurs, hélas malgré que je termine ma carrière comme directeur de travaux en 95 ,le coeur au bout du rouleau m'a obligé à m'arrêter et un triple pontage m'a permis de vivre avec une retraite normale jusqu'à aujourd'hui
C'est banal comme histoire, mais les jeunes des quartiers populaires, blacks ou beur de surcroit, ont du soucis à se faire et seuls les plus courageux, les plus dociles, les plus compétents s'en sortiront peut-être, sincèrement je plains les autres.
J'ai voté communiste jusque dans les années 80 , j'ai voté Mitterand en 81, et pourtant ma feuille de route pour l'Algérie en 1957 était signée François  Mitterand.Quel paradoxe! JG.
Commentaire n°1 posté par jean georges le 22/02/2010 à 01h53
Bonsoir Jean-Georges,
si le présent est assez morne pour ne pas dire désespérant, je ne veux pas croire à l'impossibilité
de changer quoi que ce soit. Utopie ? Non, mais challenge difficile, sûrement.
C'est bien pour cela que je ne baisse pas les bras. Pas encore.
Et, je l'espère, jamais.
Bonne soirée.
Réponse de Sylvie Boussand le 22/02/2010 à 20h40
Je vais être simple !

Un élu doit être révocable à tout moment , si on constate qu'il fait fausse route par rapport à ses engagements ! ...

suffit d'adapter la constitution ! .. avec un organisme de controle  que chaque citoyen pourra saisir ! ...

cette démocratie représentative , c'est de la merde .... d'autant que tous les élus de haut niveau sont intouchables ..une fois élus .. ( immunité , et cour spéciale ) ... inconcevable en vraie démocratie ! ....

y'a qu'en France ! ....ou même les repris de justices peuvent être élus ... alors que pour faire un CES dans la fonction publique ( Contrat emploi solidarité ) ..( disparu ) ... il te fallait un extrait de casier vierge !...

c'est tout !   la France c'est une oligarchie , pas une démocratie !
Commentaire n°2 posté par joel le 17/02/2010 à 21h12
Oligarchie politique, financière, culturelle…
Les oligarques  ont le pouvoir, et ne sont pas près de le lâcher.
Réponse de Sylvie Boussand le 20/02/2010 à 00h42
Bien envoyé, et bien aussi le rappel de la promesse concernant ceux qui meurent dans nos rues. L'hiver n'est pas fini, et la rue peut vous tuer à toute saison.
Commentaire n°3 posté par gencode63 le 16/02/2010 à 21h04
J'ai adoré ce texte... oui, je suis d'accord avec lui... 
Il nous faut recommencer à zéro, en mettant des freins à tout ce qui pourrait servir de marchepied à certains pour détourner ce qui fait une vraie démocratie de ses buts initiaux. Nous en avons pas mal d'exemple maintenant. Et alors, nous pourrons convier la jeunesse à participer à ce qui sera conçu pour elle, son avenir et son bien-être. 
Bises à toi 
Commentaire n°4 posté par Renard le 14/02/2010 à 23h31
La génération née en 1955/1965 a déjà été sacrifiée sur l'autel du toujours plus ; c'est la première génération d'après guerre à voir ces conditions de vie, de travail et de retraite réduite à peau de chagrin.
On ne va quand même pas sacrifier aussi les générations à venir ?
Bien sûr, je ne me fais aucun souci pour les nantis héréditaires…
ou nantis d'amis bien placés, je m'inquiète uniquement du "petit" peuple, qui est aussi le plus nombreux ! 
Réponse de Sylvie Boussand le 15/02/2010 à 13h30
Certainement pas celui dont tu évoques à coups de mots aussi tranchants que des haches récemment aiguisées la forfaiture.
Les jeunes depuis quelques décennies se désintéressent de la politique (hormis quelques exceptions) car notre société ne propose rien sinon le désespoir. Quand l'horizon est bouché, comment trouver la lumière qui guidera nos pas ? Ils ont raison de déserter les agoras où tout un poulailler caquette à tue-tête et oublie de regarder un peu plus loin que le bout de son bec. Le désert paraît plus attrayant que ce monde où tout est de plus en plus saucissonné. Il faudrait pouvoir se débarraser de ces entraves qui ligotent pieds et poings, un monde où les esprits sont enfumés par les mensonges et où toutes les dérives sont possibles.
Il faudrait pouvoir détruire le pouvoir, le reconstituer de ses débris et en faire autre chose. Peut-être alors la société actuelle deviendrait-elle enfin un espace où liberté rime avec égalité et fraternité.
Commentaire n°5 posté par Fred de Roux le 14/02/2010 à 19h33
Tes mots complètent à merveille mon propos. Tout reste à construire,
tout est à réinventer, et, surtout, à réenchanter.
Pour espérer de nouveau, enfin.
Amitiés.
Réponse de Sylvie Boussand le 14/02/2010 à 19h50
Je ne crois pas, hélas ! à une société meilleure.

Bisous.
Commentaire n°6 posté par Amalys Francine le 13/02/2010 à 14h25
Bonjour Francine,
croire est le début du chemin qui conduit à la concrétisation d'une idée.
Je sais que ce n'est pas facile, encore moins évident, mais qui le fera à notre place ?
Je n'ai pas envie de suivre le chemin que d'autres tracent depuis déjà trop longtemps
et qui longe des ravins dangereux dans lesquels le petit peuple tombe trop souvent.
Grosses bises Francine.
Réponse de Sylvie Boussand le 14/02/2010 à 16h10
bravo  non seulement tu t'es laché mais pour nous proposer un texte tonique, et ...de rebondissement pour venir sur une question essentielle. Finalement les intempéries ont du bon. La neige est par chez nous aussi...
Commentaire n°7 posté par dominique le 13/02/2010 à 08h03
Un petit tour de luge ? A mon âge, c'est tout ce que je peux me permettre
pour préserver mon intégrité physique !
Réponse de Sylvie Boussand le 13/02/2010 à 10h20

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