Quelle question pourrais-je poser aux Français si la démocratie directe existait ?
Merci à
Dominique, de m’avoir
posé cette question…
et de m’avoir rappelée à l’ordre pour ma réponse qui se faisait attendre…
Un petit tour d’horizon afin de planter le décor et nourrir ma réflexion : démocratie directe, démocratie représentative, démocratie participative… par manque de bravitude, je n'évoquerai pas
cette dernière, qui reste à inventer. Finalement et pourquoi pas, et surtout, le vivre ensemble.
Ensemble, donc. Alors oui, comment fait-on pour continuer à vivre ensemble sans se cracher à la figure ou se sauter à la gorge ? Un débat ? Des débats ? C’est là que des bâts blessent. Si le
Français n’est point exactement un veau, petit de la vache à qui mon capital sympathie est acquis, certains trublions en haut lieu se font un malin plaisir de tendre quelques carottes aux fanes
défraîchies pour rameuter quelques ânes friands d’appâts rances.
Apparences, donc. Trompeuses. Dernier exemple en date : le débat sur l’identité nationale. Un florilège… devenu le temps de quelques mois LE sujet incontournable, épouvantail des uns, chiffon
rouge des autres, pain béni des médias toujours prêts à servir la soupe. La démocratie n’en est pas sortie grandie. L’électorat du FN, si, un chouïa, mais ce n’est que la reprise de l’avance
consentie en 2007 et à son corps défendant à un candidat fort offensif.
Offense, donc. Offense à notre jeunesse stigmatisée, accusée de tous les maux alors que le peu de mots de leur vocabulaire atrophié par la bêtise crasse d’un PAF, étendard d’une culture indigente
non indigène, les enferme dans un huis-clos déprimant. Jeunesse menottée, malmenée, bâillonnée, ballottée entre les mains de cuistres qui s’en saisissent tel un coin à enfoncer dans un code pénal
Dalloz.
DALO, donc. Loi cache misère, une de plus, loi de circonstance qui cet hiver encore n’aura pu masquer les morts de froid dans la rue. "Je veux si je suis élu président de la République que d'ici
à deux ans (donc, 2008) plus personne ne soit obligé de dormir sur le trottoir et d'y mourir de froid …/…" Les promesses ténues non tenues ont produit leur effet en 2009 : 338 personnes SDF
sont mortes dans la rue.
Promesse, donc. Promesse de la démocratie directe, du peuple souverain… Depuis Athènes, la démocratie représentative a fait son chemin. Créant dans son sillage une nouvelle aristocratie du
pouvoir, oublieuse de son devoir. Représentative, ou l’art subtil de donner encore plus de pouvoir à ceux qui l’ont déjà. Art subtil pour exercice d'un vouloir souvent grossier, parfois vulgaire,
où montent en première ligne nos médias de révérences prompts à donner la parole à ceux qui l’ont déjà, et, pour desservir à dessein, à de petits feux follets, autodafé d’une autre opposition en
devenir.
Devenir, donc. Avenir, espoir, victoire de l’être sur le paraître, appropriation d’un destin collectif, histoire à écrire d’une société qui se réinvente, tourne résolument le dos aux fossoyeurs
de ses aspirations légitimes, se détourne de tous les ismes pourvoyeurs de précarité sociale, de pauvreté, de misère intellectuelle, d’obscurité et de solitude, destructeurs de liens et de
sens.
Ai-je bien compris le sens de la question à poser ? Je veux croire que oui. Mais je dois accepter que la réponse ne me convienne pas. On verra bien… alea jacta est. Foin de Rubicon, l'Allier me
sied.
Quel modèle de société voulez-vous laisser aux générations futures ?
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