Dimanche 10 octobre 2010
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Les trois-quarts des personnes souffrant de la faim sont des paysans
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Réunis à la FAO (1) dans le cadre du comité de la sécurité alimentaire (CSA) (2), 190 pays se rencontreront la semaine prochaine à Rome afin de prendre des mesures politiques concrètes pour
lutter contre la crise alimentaire mondiale. Deux thématiques centrales seront débattues au cours de ce sommet, à savoir la vulnérabilité des paysans face au changement climatique et l’épineuse
question de l’accaparement des terres. Mais d’autres points décisifs seront également discutés, dont la problématique de la volatilité des prix ou la création d’un cadre stratégique visant à
garantir la cohérence des politiques commerciales ou énergétiques, telles que celles liées aux
agrocarburants. Qualifiée à juste titre d’ « aberration » par Oxfam France, la situation actuelle veut que les trois-quarts des personnes souffrant de la faim dans le monde sont des paysans.
Afin d’inciter à la prise de mesures efficientes, les associations Oxfam France et Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières (AVSF) se sont associées pour lancer la campagne « Privés de terre, privés d’avenir ». Enrichi d’un site
Internet dédié (3), ce programme propose des solutions et des exemples concrets, susceptibles de soutenir les agricultures paysannes précaires. Ainsi, au Guatemala, où les politiques agricoles
guatémaltèques du 20ème siècle ont favorisé l’émergence de grandes exploitations de banane ou de canne à sucre, et plus récemment de palmiers à huile, notamment en vue de la production
d’agrocarburants, l’accaparement des terres a conduit à l’exploitation des familles paysannes en main d’œuvre bon marché. Pour contrer cette tendance croissante, des communautés indigènes,
soutenues par l’ONG locale SANK (4), se sont organisées pour défendre leurs droits collectifs sur leurs terres. En octobre 2008, 27 communautés, représentées par leurs autorités traditionnelles
indigènes, ont ainsi obtenu des maires de Chisec et de Raxruhá, municipalités faisant partie des plus pauvres du Guatemala, leur reconnaissance comme sujets de droit collectif et donc aptes à
agir juridiquement parlant.
Selon Oxfam France, 15 à 20 millions d’hectares ont été acquis par des investisseurs étrangers dans les pays du Sud depuis 2006. Malheureusement, les mesures volontaires proposées par la FAO et
la Banque mondiale, bien qu’utiles, se sont avérées insuffisantes. L’enjeu annoncé pour la réunion prochaine vise donc un cadre contraignant pour les investisseurs à l’international.
Afin de faire pression sur l’Agence Française de Développement (AFD) et son nouveau directeur général, Dov Zerah, ainsi que sur les ministres français de l’Economie et de l’Environnement,
Christine Lagarde et Jean-Louis Borloo, la campagne « Privés de terre, privés d’avenir » propose des cartes d’interpellations à renvoyer par voie postale ainsi qu’une pétition en ligne.
1- Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
2- Organisme intergouvernemental créé dans les années 1970, le CSA a été désigné l’année dernière comme l’organisme pouvant coordonner au niveau international les questions de sécurité
alimentaire et de nutrition.
3- Le site est accessible à l’adresse suivante : www.privesdeterre.org
4- SANK est une organisation locale créée par des jeunes indigènes Q’eqchi’.
POUR SIGNER LA PÉTITION EN LIGNE, C'EST ICI
Par Sylvie Boussand
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Publié dans : Et pendant ce temps là…
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bonjour sylvie,
j'associerais presque cet article à celui qui lui succède. En effet, comme le dit Mélenchon, le démantèlement des retraites venant après celui de la santé, de l'enseignement etc... vise à pousser les gens à la capitalisation ! Le capitalisme a tué le paysan depuis longtemps déjà. Qu'on ne me fasse pas croire que ses bourreaux viennent à présent à son secours... Mais cela fait partie bien sûr des dix commandements pour gérer et contrôler un peuple, créer le fléau et venir se porter en sauveur... Bonne semaine...
Bonjour Cib,
le prochain dossier après les retraites, c'est la sécu qui revient sur la sellette, et là, on va encore trinquer un max. Il faut que l'on s'habitue au bras de fer jusqu'à 2012, car tout sera prétexte à démolition de ce qui ressemble encore à de la protection sociale. Donc, si on baisse les bras maintenant, on est b…
Et il faut, plus que tout, fermer nous aussi nos oreilles aux "explications" frelatées de ce gouvernement, passé maître en l'art de nous faire prendre des vessies pour des lanternes.
Bises.