Partager l'article ! Liquidation totale : on brade le passé, on tue l'avenir: VIVANCO - CRC : chronique d’une liquidation fabriquée de toute pièce ...
VIVANCO - CRC :
chronique d’une liquidation fabriquée de toute pièce
Cela se passe dans l’Allier, à Neuilly-le-Réal, près de Moulins :
de guerre lasse, les salariés menacent de
faire sauter leur usine.
Pendant la campagne électorale des régionales, des salariés en lutte contre la fermeture annoncée de leur usine étaient venus nous rejoindre le 25 février lors d’une réunion de notre liste du Front de Gauche à Yzeure, afin de faire connaître leur histoire et leur appréhension alors qu’une audience du tribunal de commerce de Meaux, le 8 mars, devait sceller leur destin. Nous étions une dizaine de candidats et sympathisants, l’après-midi de ce jeudi de février, à leur avoir rendu visite dans leur usine de Neuilly-le-Réal.
Depuis le 9 février, les 34 salariés étaient en grève et occupaient leur usine. Et avec quelle dignité et quelle fierté ils nous avaient raconté l’histoire de leur société, leur histoire. Destin
collectif de GENICA, petite entreprise familiale née en 1979, ayant grandi jusqu’en 1999, année ou elle nouera un partenariat qui allait s’avérer mortifère avec VIVANCO. Dès lors, la marche
forcée de Vivanco France (devenue CRC pour l'unité bourbonnaise) vers l’inéluctable était en route ; rien ne l’arrêtera. (1)
André Chassaigne n’avait pas pu nous accompagner : il était attendu au même moment chez Potain, autre nom d’une industrie française
en voie de disparition. Le 25 mars dernier, la fermeture définitive d’ici à fin 2010 du site de La Clayette (en Saône et Loire) siège social historique et dépositaire de la marque POTAIN (2) a confirmé ce
mauvais scénario qui se répète jusqu’à plus soif : deux histoires ordinaires, l’une d’une petite société devenue grande, absorbée par plus grosse qu’elle, passée en 2006 aux mains d’un fond
d’investissement américain, l’autre d’une grosse société, fleuron à l’international du savoir faire français avec la marque Potain, tombée en 2001 dans l’escarcelle de Manitowoc (3), concurrent
américain.
La seule morale de l’histoire serait-elle qu’une société française, rachetée par des groupes ou investisseurs américains avec pour seule finalité de capitaliser sur des brevets et une marque mondialement connue, ou d'éradiquer la concurrence, serait condamnée à disparaître dans les dix ans qui suivent ?
Les faits sont têtus, du moins en ce qui concerne ces deux entreprises, très différentes, mais tombées toutes deux au champ du déshonneur d’une industrie nationale en déshérence, avec pour seule loi celle d’un marché mondialisé et déshumanisé, et d’un monde ouvrier condamné à mort dans l’indifférence générale.
Mais qui se soucie encore de la classe ouvrière,
de ses compétences, de ces petites gens aux mains d’or ?
Ignorée, méprisée, alors que dans les plus hautes sphères du pouvoir
on ne met les pieds dans une usine que pour le JT du 20 heures,
à l'aune de la taille des "figurants" triés sur le volet ?
La pose médiatisée de la première pierre d'une construction d'usine
est devenue image d'archive dans notre pays.
Qu'allons nous faire de ses premières pierres devenues inutiles ?
A l'heure du développement soi-disant durable,
il est possible qu'elles soient recyclées… cela devient même urgent !
(1) : Contact : Yvan Baure, représentant des salariés de CRC - 04 70 43 15 37 ou 06 60 34 69 09
Ecrivez-nous à : lessalariescrc@yahoo.fr
(2) Après la vente de son magasin de cycles et à la suite d'un dépôt de brevets pour matériel de bâtiment
et travaux publics, Faustin Potain fonde en 1928 la société Potain à La Clayette (71). Il fabrique des tréteaux, des brouettes et des auges… En 1929, il dépose le brevet du lien
d'échafaudage indécrochable, un grand succès ! Dans les années 1930-35 les premières grues POTAIN apparaissent sur le marché. Depuis lors, l’innovation a été constante. Potain
contrôle le marché mondial des grues à tour, avec plus de 100 000 grues vendues et installées dans le monde. Aujourd'hui, la société, filiale de Manitowoc Crane Group, produit plus de 60
modèles dans ses usines en France, en Italie, au Portugal et en Chine. Le site historique de La Clayette produit désormais les mécanismes. Les grues Potain ont été utilisées sur des chantiers de
premier ordre : barrage des Trois gorges en Chine, viaduc de Millau, reconstruction du Bay Bridge reliant San Francisco à Oakland (USA), et la plus haute tour du monde (800m), à
Dubaï.
• 1928: création de la marque Potain
• 1966: naissance de PPM (Potain Poclain Matériel)
• 1984: occupation de l'usine par les grévistes à Moulins
• 1989: acquisition de Potain (grue à tour) et PPM par Legris Industries
• 1999: acquisition de l'allemand BKT
• 2001: cession de Potain au groupe Américain Manitowoc
(3) Manitowoc, qui emploie 1.740 personnes en France, a annoncé un plan de restructuration concernant trois usines françaises: 132 postes doivent être supprimés à
Saint-Nizier-sous-Charlieu (Loire), 104 à Moulins (Allier) et 82 à La Clayette (Saône-et-Loire).
@sylvie
la boîte DONC les actionnaires ;-)
@gwynplaine
une pression politique et médiatique peut, je pense, contribuer à mettre une pression économique. et oui, il faut prendre Estrosi à ses propres mots!
L'actionnaire peut bien de temps en temps perdre de l'argent pour assurer le quotidien de qui l'a enrichit ; il perd la plupart du temps son argent pour enrichir plus riche que lui…
Une sorte de rédemption !
@Nicolas , en effet la présence des élus locaux était indispensable pour le soutien moral des employés mais je ne sais pas si elle peut influencer la valeur des primes de licenciement que doivent toucher ces derniers ,car il s'agit d'une entreprise étrangère .Mais il me parait impératif que ce cette grande gueule d'ESTROSI intervienne ,lui qui s'est vanté de suivre une affaire jusqu'au " bout de ses forces "( une connerie de ce genre plutot car j'ai oublié les termes exacts ..)QUAND il a été nommé ministre par SARKO "le GRAND AMI" des américains ,ce serait donc l'occasion idéale pour qu'il se manifeste ..!! Dire que des gens ont voté pour ça ,je ne l'ai pas encore digéré ...
@gwynplaine:
tu as raison mais il est légitime de vouloir, de tenir à ce que les élus relaient et appuient leur combat, ne serait-ce que pour s'assurer que la boîte lâche le maximum de fric, leur dû. et j'ai bien dit la boîte en question, pas l'Etat... d'où le rôle que peuvent jouer les élus.
La boîte, ou les actionnaires ?
Cette affaire est évidemment un aléas lié à cette mondialisation qui est le résultat du Libre Echange élevé au titre de valeur suprème par le CAPITALISME .A partir du moment ou la boite a été vendue aux ricains en 2001 ce n'est pas CHASSAIGNE , ni un autre qui pouvait faire échec à ces licenciements .Ce n'est donc pas un cas de délocalisation au sens propre ,et il serait bon de savoir POURQUOI une entreprise aussi connue a été "cédée" à une compagnie étrangère ,surtout quand celle ci vient du chancre de la Planète !!!!
Au hasard… pour faire plaisir aux actionnaires de Legris ?
"La vente des grues Potain a permis à Legris Industries de sortir la tête haute de l'année 2001. Mais il ne faut pas s'y tromper, et les dirigeants de l'entreprise rennaise ne l'ont pas caché vendredi, la rentabilité a souffert. Ainsi, le groupe spécialisé dans la connectique pour fluides industriels, la régulation des fluides dans le bâtiment, et les équipements automatisés de logistique pour les entrepôts, a vu son bénéfice net quasiment tripler l'an dernier à 104,7 millions d'euros, contre 37 millions en 2000. Mais cette très belle progression est largement due à une plus-value nette de cession de 91 millions liée à la vente, en mai 2001, des grues Potain à l'américain Manitowoc. Hors les grues de construction, le résultat net courant a, en fait, chuté de 17 %, à 16 millions d'euros, et le résultat opérationnel courant a baissé de 27 %, à 28 millions. La marge opérationnelle a reculé de 2,2 points, à 6,7 %, tandis que le chiffre d'affaires a enregistré un repli de 3 %, à 414 millions d'euros (hors Potain, consolidé sur 4 mois), « dans un environnement économique très dégradé au second semestre ». La baisse des ventes a en effet atteint 7 % sur la seconde partie de l'an dernier, contre une progression de 1,7 % sur les six premiers mois."
Bon, j'attends l'article sur les retraites , dont tu m'as parlé sur mon blog... que j'y rajoute mon grain de sel avec délice ,
...surtout que tu vas nous parler aussi du repaire des battus , repaire pour planqués en fin de carrière , et leur cagnotte .. j'attends çà avec délectation !
Je pensais le faire hier soir, tout est presque prêt, mais le conseil municipal en a décidé autrement : entre le compte administratif et le BP 2010, nous avons fini après 1 heure…
C'est vraiment partout ces comportements de patrons voyous ! En campagne, forcément ça n'attire pas les grands médias pour faire une une nationale ou un JT.
C'est devenu un problème réel : sans position "extrême", silence radio, vous n'existez pas. Ce n'est pas soutenable sur le long terme, et cela peut devenir dangereux. Mais que faire ?
je ne peux qu'adhérer à ce que tu dis Joël.
Ne leur reste plus que leur usine en otage...
Ceci dit, si le contact humain est important, il n'est pas suffisant. Chassaigne s'est bougé pour eux -malheureusement pas devant les caméras ou journaliste je le concède- mais il se bouge.
Je pense que nous nous devons de nous faire l'écho de leur combat, c'est le moins qui puisse être fait...
C'est peu en effet, mais ne rien dire serait encore pire.
Et pour tous ces gens sans avenir, la colère et le désespoir. Et leurs familles... Quel tristesse !
Dans cette entreprise, deux couples y travaillaient. Situation encore plus ingérable, si tant est qu'elle le soit pour les autres… certains avec 15, 20 ans d'ancienneté.
C'est tout le probléme du capitalisme financier , quand une usine est reprise par des fonds de pension américains , ce ne sont plus les richesses produites qui comptent et la compétitivité , mais les dividendes ...Mais que fout Sarko ! et le nanard Estrosi !
Bon, d'après ce que j'ai lu sur la " Montagne " .. pas de syndicats ...dans cette boite d'une quanrantaine de salariés , qui se sentent même ignorés par tous ...ils le disent !.. c'était la place d'un député , et tête de liste Auvergne aux régionales d'aller les soutenir en priorité !
Alors qu'est ce que Chassaigne au même moment foutait en Saone et Loire , qui n'est pas l'Auvergne ..dans une boite de 120 personnes avec un syndicat , au moins la CGT pour l'applaudir .. Je me le demande !
Je suis dur hein, mais c'est vrai qu'on a plus de chance de parler à la télé de Potain, que de cette poignée de misérables isolés , ignorés ., et on comprend dans ce cas qu'il veulent faire parler d'eux , par eux mêmes..avec le sautage d'usine qui hélas devient la seule stratégie pour ne pas tomber dans la mort incognito .
Je n'ai pas été assez précise : Dédé est allé chez Potain à Yzeure, pas en S&L. RDV prévu antérieurement au 25, et les CRC se sont ajoutés sur le programme initial à la dernière minute. C'est pour cela que nous y sommes allés l'après-midi sans André. André a contacté très vite tous ceux qui pouvaient faire quelque chose, mais l'affaire était déjà "plié" : l'audience fixée au 8 mars laissait peu de marge de manœuvre, hélas.