Vachane, le blog
Le nucléaire ne participe pas à l'autonomie énergétique
française
Ce matin, six employés du numéro un du nucléaire Areva ont atterri à Paris. Ces Français font partie, avec d'autres du
groupe Vinci, des personnes œuvrant à l'extraction d'uranium au Niger, pour alimenter entre autres nos foyers en électricité, via les réacteurs nucléaires. En effet, à l'instar de la plupart des
autres minerais ou sources d'énergie fossiles, les réserves d'uranium sont inégalement réparties sur le globe.
Comme souvent, les principaux pays consommateurs (essentiellement occidentaux aujourd'hui) n'ont quasiment pas de
ressources en la matière sur leur sol. Aussi, ce n'est qu'au prix de l'exploitation des ressources de pays tiers qu'ils peuvent alimenter leurs réacteurs nucléaires actuels. Or, dans l'indéniable
contexte actuel de relance du nucléaire, la disponibilité en uranium 'aisément' exploitable va devenir de plus en plus stratégique, pour ne pas dire cruciale, notamment dans un pays comme la
France où plus des ¾ de l'électricité proviennent de l'énergie nucléaire.
Aujourd'hui, 35 pays exploitent un à plusieurs réacteurs nucléaires pour produire de l'électricité, pour un total de 440
réacteurs nucléaires en service et environ 13 % de la production électrique mondiale. Outre ces réacteurs, dont quelque 250 seront à remplacer d'ici à 2040 (augmentation de leur longévité
prise en compte), la Chine qui en exploite 12, a déjà 24 autres unités en construction, 33 supplémentaires de planifiés à court terme et 120 encore à l'étude …
Outre la Chine, le contributeur le plus important au développement du parc nucléaire du XXIe siècle sera l'Inde. Aux 19
réacteurs en service viendront s'en ajouter 4 en cours de construction plus les 20 déjà prévus, sans oublier une partie des 40 en phase d'étude. Enfin, une cinquantaine d'Etats ont manifesté leur
souhait de se doter de réacteurs nucléaires pour produire une partie de leur électricité. Même si vraisemblablement une faible proportion de ces derniers Etats y parviendra, la pression sur la
ressource uranium n'est pas prête de se relâcher, au point que les réserves exploitables et connues sont insuffisantes pour couvrir l'intégralité des besoins prévisibles du XXIe
siècle.
En conséquence, quoi qu'en disent nos dirigeants depuis les années soixante-dix, le nucléaire ne participe pas à
l'autonomie énergétique de la France. A l'instar du pétrole, nous sommes dépendants des ressources étrangères et d'éventuels blocages-perturbations de la production ou de l'acheminement
d'uranium.
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