Dimanche 5 décembre 2010
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En novembre 2008, Jean-Luc Mélanchon et Marc Dolez, respectivement sénateur pour le premier et député pour
le second, cossignaient un communiqué
intitulé "Création du Parti de Gauche".
Le voici dans son intégralité :
" A peine quelques jours après notre départ du Parti socialiste, nous nous réjouissons du mouvement de soutien qui
s’exprime envers notre démarche, aussi bien depuis les rangs socialistes que l’ensemble de la gauche. En à peine 3 jours, nous avons déjà enregistré plus de 3 000 soutiens sur le modeste site
www.casuffitcommeca.fr que nous avions ouvert vendredi 7 novembre.
Ces soutiens montrent l’immense énergie disponible dans notre pays pour changer la gauche, affronter la droite et ouvrir
une alternative au capitalisme de notre époque. C’est pourquoi nous annonçons la fondation du « Parti de Gauche » avec tous ceux qui partagent ces orientations.
D’ores et déjà Claude Debons, cheville ouvrière des collectifs contre la Constitution européenne participe à notre
démarche. Eric Coquerel est également en train de la rejoindre avec ses amis du MARS – Gauche républicaine. Ce n’est qu’un début. D’autres noms seront annoncés dans les jours qui
viennent.
Nous voulons que le « Parti de Gauche » soit un parti unitaire à gauche. Nous voulons
en faire un trait d’union au service de la constitution d’un front de forces de gauche pour les élections européennes, sur une ligne claire de refus du Traité de Lisbonne et de
construction d’une autre Europe. Dans ce but nous avons d’ores et déjà demandé à rencontrer notamment le PCF et le NPA.
Nous voulons aussi que le « Parti de Gauche » soit un parti gouvernemental capable, avec d’autres, d’entraîner la société
au service d’un projet majoritaire pour changer la vie du plus grand nombre dans notre pays. Le « Parti de Gauche » sera enfin un parti résolument républicain,
défendant sans concession la souveraineté du peuple, la laïcité des institutions et de la société et l’intérêt général contre le productivisme face à la crise écologique.
Nous avons dit que nous mettions nos pas dans ceux d’Oskar Lafontaine. Ce dernier sera présent lors du lancement du « Parti
de Gauche ». Nous serons heureux de l’accueillir le samedi 29 novembre l2008) lors du meeting de lancement du Parti de Gauche en région parisienne."
J'ai jugé utile de reproduire ce communiqué : dans ces quelques lignes écrites par Mélenchon et Dolez, il y a maintenant un
peu plus de deux ans, nous retrouvons l'idée du Front de Gauche, sous l'appelation "front de forces de gauche", nous retrouvons les termes "républicain", "souveraineté du peuple", et enfin
"crise écologique". De la même façon, la demande de rencontre avec le PCF et le NPA en lien avec l'idée "d'un front de forces de gauche" est clairement énoncée.
Tout cela pour dire très simplement ceci : les différents procès d'intention faits à Mélenchon, au Parti de Gauche, de
quelque bord qu'ils puissent provenir, ne servent en rien les forces de "l'autre gauche". Ils les affaiblissent. Quand cela provient très clairement de partis ou d'afficionados zélés de la droite
en général, de l'UMP et du FN en particulier, cela peut être considéré comme de bonne guerre, à défaut de finesse et d'objectivité.
Mais quand cela provient de partis ou de militants, voir d'élus, peut-être emportés par un zèle excessif, des forces se
réclamant de la gauche, PS y compris, c'est très vite insupportable. Comment cela peut-il être interprété par les citoyens, spectateurs le plus souvent passifs mais attentifs cependant ?
Si je peux comprendre beaucoup de choses, sans toutefois toutes les excuser, il y a cependant des limites à respecter. Des
limites évidentes, et simples : le respect de la vérité des faits, d'autant plus facile avec la possibilité, pour tout un chacun, de vérifier une date, une antériorité ; le respect des paroles et
des actes des personnes et des partis, en arrêtant de leur prêter systématiquement des arrière-pensées hégémoniques.
Sinon, à quoi bon bêler "unité, unité", si, dans quelques cas extrêmes, mais néanmoins réels, quelques excités prennent
prétexte de leurs propres peurs fantasmées pour projeter sur d'autres le spectre de leur inconduite ?
Nous méritons, tous, mieux que cela.
Si ces lignes semblent par trop "hermétiques", je vous renvoie à ces autres lignes, écrites alors que j'étais adhérente du Parti de Gauche depuis
peu.
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