Parti de Gauche

Samedi 4 février 2012 6 04 /02 /Fév /2012 07:12

 

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Finissons la cinquième !

Qu'ont retenu les téléspectateurs de l'émission ennuyeuse et embrouillée, mais gratuite et quasi obligatoire, que s'est offert Sarkozy dimanche dernier ? Que ça allait saigner pour les ménages, sans doute. C'en est le meilleur résumé. Quant au détail, il fallait s'accrocher. Nous avons subi une avalanche d'annonces volontairement floues, certaines d'application immédiate, d'autres opportunément retardées au lendemain de l'élection et dont on peut parier qu'elles ne verront jamais le jour.

 

Cet enfumage est destiné à semer la confusion. Confusion des mesures exposées qui tend à empêcher le débat citoyen sur leur contenu. Même quand on y trouve des choses aussi essentielles que la remise en cause de tout notre droit social par la suprématie des accords d'entreprise chère à la République contractuelle ! Confusion des pouvoirs, aussi, quand l'on voit un même homme parler tout à la fois comme chef de l'Etat, chef de l'exécutif, patron de la majorité parlementaire et candidat à sa réélection devant le peuple. Un vrai pudding.

 

A la critique argumentée de son contenu, il faut donc ajouter que cette intervention démontre encore une fois le viol démocratique que représente l'institution présidentielle dans la Cinquième République. Il est bien sûr intolérable que des choix essentiels soient soustraits à l'arbitrage du peuple et quasiment imposés au Parlement par un homme qui se trouve à quelques jours de la fin de son mandat. Il devrait soumettre ses trouvailles au verdict des urnes ! Mais même dans le courant du mandat, les pouvoirs exorbitants du président de la République sont insupportables. Faut-il que la culture plébiscitaire ait fait du dégât dans les têtes pour qu'il soit nécessaire de le rappeler ! J'ai même entendu une journaliste expérimentée se référer à une métaphysique fumeuse, la transcendance (sic) de l'élection, pour se persuader que la magie de la Cinquième transformerait le François Hollande présent sur son plateau en chef doté de « qualités exceptionnelles » (re-sic). Quel bla-bla infantilisant !

 

La remise en cause de ce modèle imbécile n'est donc pas un à-côté de la campagne du Front de Gauche. La révolution citoyenne que nous voulons implique d'abord que chacun reprenne le pouvoir sur lui-même. Et donc que chacun se libère de l'illusion selon laquelle il suffirait de changer une personne pour que le pays reprenne un cours « normal ». Ce n'est pas facile car il apparaît habituellement plus simple de déléguer le pouvoir à ceux qui semblent les plus à l'aise et les plus disponibles pour l'exercer. Cet objectif doit donc être poursuivi de manière très méthodique. Ce n'est pas un hasard si nous ne crions pas le nom d'un candidat dans les meetings, que notre méthode pour gouverner le pays repose sur une Constituante et une Sixième République, que dans chaque secteur de l'activité humaine nous cherchions à susciter l'implication permanente. Notre dynamique de campagne nous permet d'ébranler un à un les ressorts les plus profonds de l'aliénation du peuple. Nous avons entamé l'invisibilité du peuple ouvrier et employé. Nous avons réimpliqué dans le combat politique des milliers des nôtres qui en étaient exclus. Nous avons démasqué le rôle de la finance. Nous avons mis en difficulté la fabrique médiatico-sondagière du consentement. Ce ne sont là que des premiers craquements, mais déjà le mur offre de nouvelles prises. Y parvenir dans le courant d'une campagne électorale montre que la révolution par les urnes est possible.

Par François Delapierre - Parti de Gauche

 

Par Sylvie Boussand - Publié dans : Parti de Gauche - Communauté : Résistance 2007
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Mardi 8 novembre 2011 2 08 /11 /Nov /2011 12:51

Grèce, tombeau de la démocatie

 

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Le coup de force a réussi. En une semaine, plus de referendum et plus de Papandreou. Après s’être laissé un temps dicter sa date et la question posée, le premier ministre grec a dû abandonner en hâte le referendum puis le pouvoir. Chacun de ses reculs apeurés a préparé le suivant jusqu’à la chute.

Au terme de cette débandade éclair, le voici comme nous le pronostiquions mardi dernier remercié au profit d’un gouvernement d’union nationale. La démocratie recule encore d’une case. Le gouvernement Papandreou agissait déjà à l’inverse des engagements qui lui avaient valu le suffrage des électeurs. Maintenant la droite chassée par le peuple est réinstallée au pouvoir par le coup d’état financier. Les mots ronflants d’union nationale habillent un putsch. Ils disent aussi la masse de ressources politiques qu’il faut mobiliser pour rendre la politique d’austérité acceptable par le peuple. A ce propos d’union nationale, rappelons juste que la droite grecque s’était opposée à tous les plans d’austérité précédents. Mais ce sont des positions d’opérette sans importance. Seuls comptent les maîtres qui écrivent l’histoire pour elle. Elle changera donc son texte puisqu’on lui demande.

L’Eurogroupe vient ainsi d’exiger en contrepartie des prochains versements d’une aide prévue de longue date que les partis politiques grecs impliqués dans le nouveau gouvernement s’engagent par écrit à soutenir les exigences du plan européen. On mesure la dégoûtante hypocrisie des dirigeants européens qui avaient concédé du bout des lèvres que le peuple grec avait le droit de se prononcer. Comment peut-il le faire désormais dans un pays interdit de referendum, où s’applique de fait une constitution économique féroce à laquelle tout parti qui veut participer au gouvernement doit prêter allégeance ? La situation est coloniale dans les principes et jusque dans les détails. On lit ainsi que les deux chefs de parti de cette Gross Koalition à la grecque (l’Union entre la droite et les sociaux-démocrates qui, à l’époque de Schröder, engagea l’Allemagne sur la voie du dumping social) se connaissent d’autant mieux qu’ils furent colocataires lors de leurs études aux Etats-Unis.

En Italie, un processus similaire est enclenché. Les « marchés » veulent le départ de Berlusconi peut-on lire sous la plume de journalistes qui ne doivent mesurer l’énormité d’une telle phrase du point de vue démocratique ! Il leur faut une direction politique suffisamment forte pour imposer l’austérité au pays. Après des années de bons et loyaux services, le chef du gouvernement italien serait donc viré comme un chef de zone d’une multinationale jugé vieillissant par sa direction. En même temps la crise politique qu’ils ont nourrie dans le pays les sert. Elle répand les peurs et conditionne les esprits, conformément  à cette stratégie du choc décrite par Naomi Klein. Elle ouvre la porte à la troïka (Commission, FMI, BCE) dépêchée sur place pour assurer la suite. Alors même qu’aucun plan d’aide n’est engagé en Italie, les émissaires de l’ordre globalitaire viennent occuper les ministères. Quel qu’il soit, le prochain premier ministre sera sous surveillance. Regardez bien les « grands de ce monde ». Ce sont des nains devant la finance qu’ils ont servi. Seuls sont grands les peuples qui résistent au coup d’état financier qui est engagé sous nos yeux.

 

© Le Parti de Gauche

Par Sylvie Boussand - Publié dans : Parti de Gauche - Communauté : Résistance 2007
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Mercredi 19 octobre 2011 3 19 /10 /Oct /2011 11:08

 

En juin 2011, cet article était mis en ligne sur le site national du Parti de Gauche.

Il est toujours d'une actualité brûlante…

 

La débâcle des subprimes en 2007-2008 qui a précipité le monde dans la crise a révélé l’influence de la notation financière sur les marchés de capitaux tout en mettant en évidence leur incurie. Trois grandes agences, Moody's, Standard & Poor's et Fitch, contrôlent plus de 90% du marché de la notation financière. Quoique Fitch (la plus petite des trois) ait été rachetée en 1997 par une holding française, elles sont toutes trois américaines, et ont joué un rôle considérable dans la diffusion des normes et des pratiques économiques du capitalisme financiarisé d'origine nord-américaine.

 

Incapables de prévoir

Gavées pendant l'euphorie spéculative du marché hypothécaire américain, les agences n'ont rien vu venir de la débâcle des subprimes (comme elles avaient échoué à prévoir le krach de 1929, ou la faillite Enron en 2001 entre autres). Elles ont au contraire alimenté la bulle spéculative, car la notation des produits structurés a exacerbé les conflits d'intérêt dans lesquels elles sont engluées. Avant les années 1970, les profits des agences résultaient de leurs publications et de la vente de manuels destinés aux entreprises, et les notes étaient alors attribuées sans le consentement des émetteurs de dette. Depuis la recrudescence de faillites dans les années 70, ce sont les émetteurs de dette qui sollicitent la notation des agences et les rémunèrent. La notation des produits structurés a deux particularités par rapport à la notation de la dette corporate : d'abord, elle est beaucoup plus rémunératrice pour les agences qui touchent une commission représentant en moyenne 0,12% de l'émission (contre 0,045% pour la dette des entreprises), à tel point que l'AMF estimait en 2008 que la notation des produits structurés représentait près de 50% des bénéfices des agences. En second lieu, contrairement au processus de notation en vigueur pour les émetteurs traditionnels, les agences sont sollicitées dès le stade de la structuration du produit. Cela signifie que la notation n'est plus le constat ex-post d'une situation donnée mais l'objectif fixé ex-ante d'une entité à créer.

Résultat des courses : les agences étaient devenues des “usines à triple-A”, comme on a pu l'entendre lors des auditions de la Commission d'enquête du Congrès américain sur la crise financière (FCIC). Chez Moody's par exemple, des pressions de tous ordres étaient exercées par la hiérarchie à l'encontre des analystes qui tentaient d'alerter sur l'évaluation douteuse de certains produits, au point que d'anciens cadres sont en procès avec l'agence et son PDG Raymond McDaniel. Et en 2007-8, à l'occasion de dégradations de notes brutales et massives, de nombreux titres notés en catégorie investissement voire en AAA sont allés au tapis.


Un rôle dévastateur

De la même manière que les agences ont alimenté les bulles spéculatives, elles ont joué un rôle pro-cyclique dévastateur dans la crise des dettes souveraines qui frappe certains Etats européens depuis 2010, en contribuant par leurs abaissements de note à accroître les difficultés de financement de ces Etats et donc leur dette, selon la spirale infernale bien connue. En effet, l’évaluation financière n’est pas neutre : elle affecte l’objet mesuré, elle engage et construit le futur qu’elle imagine. Les agences ont donc aggravé la crise, ce qui a été une source de profits spéculatifs pour les banques et les investisseurs, qui se trouvent précisément être les clients desdites agences. En contribuant à faire adopter par les gouvernements irlandais, grec, portugais et espagnol de brutaux plans d'austérité, elles ont empêché la possibilité d'une reprise de la croissance, seul moyen de sortir de la spirale de la dette : c'est là encore l'occasion de dégrader la note du pays, comme l'a fait Moody's pour l'Espagne à l'automne 2010 (au motif d'une insuffisante croissance, après ses exhortations à la rigueur au printemps 2010).

C'est par la voix des agences que la finance impose ses réquisits aux Etats en matière de politique économique, conduisant à un véritable cogestion privée-publique de la politique économique où les décisions sont prises non pour satisfaire aux besoins du peuple mais pour accéder au bon vouloir des marchés financiers, véritable corps politique de substitution (on se souvient que Nicolas Sarkozy avait justifié la réforme des retraites par la nécessité de “conserver à la France son AAA”). Après les dégradations des notes souveraines tunisienne et égyptienne au moment où le peuple renversait les dictateurs, l'intrusion des agences dans le contrat social illustre encore et toujours que la finance n'est pas soluble dans la démocratie.


Sortir du traité de Lisbonne

Après la crise financière, les principaux responsables du désastre, banques et agences de notation, ont habilement manœuvré : elles ont su faire profil bas au moment où elles étaient le plus fortement critiquées et ont laissé les Etats s'attaquer aux conséquences de la crise, en noyant les marchés de liquidités et en s'endettant jusqu'au cou, sans s'attaquer à ses causes. La crise actuelle des dettes souveraines favorise ainsi les agences de deux manières : les banques renflouées sont redevenues les clients des agences, peuvent grâce à elles faire de juteux profits en spéculant sur les dettes publiques et les rémunérer en conséquence ; les Etats endettés se sont mis en situation d'être critiqués par ces mêmes agences, ce qui rend plus difficile tout projet de régulation.

Comment mettre un terme à la nocivité de ces porte-parole de la finance et de ses prédations ? Le recadrage de leurs comportements, par le moyen de codes de conduite censés prévenir les conflits d'intérêt dans lesquels elles sont engluées, n'y suffira pas. C’est pourtant ce qu’ont fait la SEC américaine et le Parlement européen en 2009 en reprenant des recommandations de l'Organisation internationale des commissions et des valeurs, instance chargée de la réglementation des marchés financiers au niveau mondial et qui regroupe les gendarmes des principales Bourses.

Le combat contre les agences est évidemment inséparable du combat contre les marchés financiers. C'est donc le chantier d'une régulation conçue comme prohibition non comme simple surveillance et recadrage des comportements financiers. Il ne faut pas compter pour cela sur les dirigeants actuels malgré les déclarations promettant les foudres aux agences d'une Angela Merkel ou d'un Nicolas Sarkozy. Les promesses d'encadrement des agences du G20 de Londres (avril 2009) sont restées lettre morte. Il faut par ailleurs bien évidemment libérer les Etats de la tutelle de fait qu'exercent les agences de notation avec le reste de la finance sur la politique économique, en s’affranchissant des traités européens qui interdisent le financement direct des Etats auprès de la Banque centrale et les livrent à la merci des marchés financiers.

 

Par Sylvie Boussand - Publié dans : Parti de Gauche - Communauté : resilience
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Samedi 24 septembre 2011 6 24 /09 /Sep /2011 11:19

Nous on peut !

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3 questions à Jacques Généreux

Jacques Généreux, pourriez-nous présenter votre dernier livre Nous on peut ?
C’est simple, on est dans une crise épouvantable et toute une série de gouvernements en Europe nous disent qu’on ne peut pas faire autrement que par l’austérité. Apparemment ils ne peuvent rien faire à part taper sur les peuples, baisser les salaires et anéantir le progrès social. Nous on peut faire autrement !

 

On peut sortir de cette crise par le progrès humain en mâtant les marchés financiers, en reprenant le contrôle des mouvements de capitaux, en réformant la banque de France pour qu’elle puisse créer de la monnaie et financer des banques publics, en interdisant les produits financiers toxiques, et en exigeant que les grandes institutions financières détiennent un portefeuille minimal de titres publics dans leurs comptes.

Récupérer le contrôle de la monnaie tout en restant dans l’euro, on peut ?
Absolument ! Théoriquement c’est interdit par les traités européens. Mais si les traités prévoient des tas de conditions pour rentrer dans l’union monétaire et l’Union européenne, ils ne prévoient aucune condition pour rester. Donc un Etat qui décide de ne pas les respecter parce que c’est contraire à ce que son peuple a décidé par le vote peut le faire. Nous ne sommes ni pour nous soumettre au néolibéralisme ni pour le néofascisme, on est internationalistes. Donc nous restons dans l’Union européenne mais de l’intérieur nous pratiquons cette subversion qui consiste à faire ce que l’on veut, voilà !

Ce que l’on veut c’est réformer la banque de France pour qu’elle puisse créer des euros afin de monétiser la dette et financer un pôle public bancaire au service de projets publics prioritaires. Bref nous reprendrons le contrôle ! C’est une subversion extrêmement efficace après trente de propagande néolibérale visant à faire croire qu’un pays tout seul ne peut plus rien faire. Si, par exemple, la France fait la démonstration que sans sortir de l’Union européenne un gouvernement peut faire une autre politique sans que personne ne puisse s’y opposer, ce serait une révolution dans la représentation des possibles. La démonstration sera faite pour les grecs, les portugais, les italiens, les espagnols, les irlandais etc., que l’on peut faire autrement.

Nous on peut !Quelle serait la toute première mesure si nous étions aux commandes de l’économie française ?
Dès qu’un gouvernement progressiste un peu radical arrive quelque part, immédiatement il se heurte au mur de l’argent, en l’occurrence à la spéculation contre les titres de la dette publique. Donc dans les heures suivant l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement de Front de Gauche, des décrets d’urgence seraient pris pour reprendre le contrôle des mouvements de capitaux et mettre au pas la finance.

Nous on peut !, Jacques Généreux, préface de Jean-Luc Mélenchon, éditions du Seuil. En vente dans les librairies, 10 Euros.

Par Sylvie Boussand - Publié dans : Parti de Gauche - Communauté : resilience
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Jeudi 8 septembre 2011 4 08 /09 /Sep /2011 12:20
Par Sylvie Boussand - Publié dans : Parti de Gauche - Communauté : resilience
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