5 mars 2010. Polydome, Clermont-Ferrand. Le stade Michelin joue à guichets fermés, match du Top 14 oblige. Au Polydome aussi, on joue à guichet fermé. Ils sont venus de l'Allier, du Cantal, du
Puy de Dôme, de la Haute Loire. Les Auvergnats, les Bourbonnais, les Altiligériens et les Cantalous sont là, sur la scène, et dans la salle. Elle est pleine, la salle. Les travées sont occupées,
à même les marches d'escalier, des drapeaux rouges s'agitent, le vent souffle, là aussi, le vent du changement et de l'espoir, de la certitude qu'une autre politique est possible, à
gauche.
Marie-George Buffet ouvre la soirée. De l'énergie, elle en a encore pour venir soutenir sur ses terres André Chassaigne, son alter ego au parlement où ils ferraillent tous deux pour encore et
toujours faire front avec leurs collègues de la gauche démocrate et républicaine, face aux assauts incessants d'un groupe UMP prêt à voter toute loi, pourvu qu'elle plaise au gouvernement
ou qu'elle réponde à une actualité médiatique.
Elle balance, Marie-George, navet d'or pour la politique anti-sociale de l'hôte de l'Elysée, et elle a raison de lui mettre une bonne gauche, bien vitaminée par les applaudissements qui ponctuent
son intervention. Christian Piquet n'est pas en reste, et dépeint les travers d'une politique libérale qui plonge les classes laborieuses dans un quotidien de survie. Et pour survivre, il faut
lutter.
Jean-Luc Mélenchon est en forme, en très grande forme. En milieu d'après-midi, une incursion à Chateldon et à son bureau de poste menacé de fermeture, à l'invitation d'élus du Parti de Gauche,
lui a empli les poumons de l'air frais et pur de cette Auvergne qui ne veut pas se résoudre à la désertification de ses zones rurales, à la disparition de ses derniers services publics, vestiges
de la juste irrigation de nos territoires par la solidarité nationale. Le capitalisme en prend pour son grade. Les problèmes ? Les solutions sont là, à portée de main, encore faut-il pour cela
faire des choix politiques, le choix de l'intérêt général contre les appétits insatiables de la finance et de l'argent rapide, niant toute valeur aux travailleurs et à leur inquiétudes
légitimes.
Quand André Chassaigne prend la parole, on sent l'émotion dans sa voix. Peu à peu, cette émotion laisse la place à la passion, la passion de l'humain avant tout, la passion de la rencontre, du
dialogue, de la construction d'un nouvel équilibre pour une région solidaire, écologique et citoyenne. Une Auvergne attentive à sa jeunesse, à ses étudiants, aux salariés victimes de patrons
voyous, à ses agriculteurs qui ne se reconnaissent plus dans le cercle infernal du produire plus pour gagner moins… Et le programme est là, élaboré au fil des rencontres citoyennes, un programme
de terrain, concret…
C'est un tonnerre d'applaudissements qui termine cette soirée ; ce soir, le Front de Gauche a transformé son essai des Européennes. Dès demain, les candidats et les militants du Front de Gauche
vont le diffuser, ce programme, et dès demain, Dédé repartira en campagne. Encore quelques jours… pour changer la donne, pour ancrer à gauche une région, pour ancrer à gauche toutes les
régions.
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