Vachane, le blog de Sylvie Boussand

Nous savons que toute chose, un jour, trouve ses limites. Nous savons aussi que nous avons, individuellement, nos limites, physiques, intellectuelles. Il en est de même pour l'énergie. Je n'aurai pas l'aplomb de revenir sur les limites des énergies fossiles : les experts internationaux en parlent, très bien, et tirent la sonnette d'alarme depuis assez longtemps.

Collectivement, nous, français, tablons sur une indépendance énergétique avec nos centrales nucléaires, pourvoyeuses de MGW et de déchets honteux que nous léguons sans état d'âme aux générations futures. En sortir ? Telle est la question, et là encore, des personnes plus qualifiées que moi ont posé depuis quelques temps de bonnes questions, auxquelles notre gouvernement n'a pas l'air pressé de répondre, sinon par "EPR".

L'énergie a ceci de commun avec les déchets qui encombrent nos poubelles : la meilleure énergie, la moins chère, est celle que nous n'utilisons pas. Pour les déchets, celui que nous ne produisons pas. Les articles ci-dessous vous donneront un petit éclairage de cette "indépendance" énergétique. Au passage, je rappelle que le secteur de l'énergie a été dans les premiers à être "libéré". De quoi, on ne sait pas, mais ce qui est sûr, c'est qu'il est maintenant enfermé dans une logique libérale qui peut aller à contre-sens de l'intérêt général, voir de la sécurité publique.

Si le nuage de Tchernobyl s'est arrêté à nos frontières, comme nous le savons, il sera difficile de " délocaliser" tout problème grave affectant nos centrales. Qu'arrivera-t-il si un jour le critère de rentabilité supplante celui de sécurité avec des installations nucléaires vieillissantes, nécessitant des arrêts longs et onéreux pour des opérations de maintenance indispensables ? Mais jouez violon, résonnez hautbois : quelques milliards de l'emprunt concocté par Messieurs Juppé et Rocard seront consacrés à la recherche de nouvelles énergies renouvelables… il était temps.
A l'heure actuelle, la seule énergie renouvelable disponible en quantité est celle déployée par nos "chers" politiques pour occuper coûte que coûte le devant de la scène. On se demande bien pourquoi…


07-11-2009

Electricité : l’hiver risque d’être chaud

Comme tous les ans, RTE, le gestionnaire du réseau de transport d'électricité français (1), a publié son étude prospective de l’équilibre entre l’offre et la demande d’électricité pour l’hiver à venir. Les prévisions s’appuient sur les éléments transmis par l’ensemble des producteurs nationaux.
Cette année, RTE tient un discours plus pessimiste que lors des précédentes publications. D’après son document, « la disponibilité prévisionnelle du parc de production français pour cet hiver est en très net retrait par rapport à l’hiver dernier sur les mois de novembre à janvier ». Même dans le cas de températures proches des normales saisonnières, des importations pourraient s’avérer nécessaires de mi-novembre 2009 à fin janvier 2010. Sur cette période, le niveau d’importation pourrait atteindre une puissance de 4 000 MW. Dans le cas d’une vague de froid intense et durable, températures inférieures de 7 à 8°C aux normales saisonnières, les niveaux d’importations devraient être bien supérieurs. RTE précise que, si nécessaire, il « devra faire appel à des moyens exceptionnels et à des actions de sauvegarde (baisse de tension de 5 %, délestage de consommation en dernier recours) ».
Comme chaque hiver, les périodes critiques se situeront, les journées froides, vers 19h. Dans ce contexte, les récentes implantations des centrales solaires photovoltaïques et des champs d’éoliennes apparaissent inefficaces. Il fait nuit… et, les situations anticycloniques, majoritairement présentes, ne sont pas favorables aux vents, laissant les pales des éoliennes désespérément immobiles.
Si la sobriété énergétique apparaît être la meilleure solution, elle n’est toujours pas au rendez-vous, excepté dans les discours. Chaque année, les records de consommation et les pics se succèdent.

Michel Sage

1- Filiale du groupe EDF depuis le 1er septembre 2005, RTE est le gestionnaire du réseau de transport d'électricité français, qu'il exploite, entretient et développe. Il gère le réseau le plus important d'Europe avec 100 000 km de lignes à haute et très haute tension et 44 lignes transfrontalières.


18-11-2009

La France déjà contrainte d’importer de l’électricité

Pour la première fois, depuis 1982, la France a dû importer de l’électricité au mois d’octobre. C’est le constat qui ressort du dernier bilan de l’énergie électrique, publié par RTE (1). Cette situation est d’autant plus étonnante que, par rapport à octobre 2008, la consommation brute française a diminué de 3,1 %.
D’après le document de RTE, le volume net importé a été de 458 GWh pour un total de consommation de 39 439 GWh. Comparée à octobre 2008, la chute de la production française a été très prononcée, -7,7 % soit un recul de 3 305 GWh . En valeur absolue, c’est la production nucléaire qui a reculé le plus avec -3 019 GWh (-8,9 %) suivie par l’hydraulique avec -738 GWh (-19,7 %).
Cette situation est la conséquence de l’arrêt de nombreux réacteurs nucléaires, pour des raisons de maintenance et de réparation. Quant à la baisse de la production des barrages hydrauliques, elle est imputable à des déficits de pluie, notamment dans les Alpes et le Massif Central.

Ces deux baisses importantes n’ont pu être que très partiellement compensées par les autres sources d’énergie : le thermique à combustible fossile a progressé de 309 GWh (+7 %), l’éolien de 119 GWh (+26,3 %) et les autres sources renouvelables (2) de 24 GWh (+7,9 %).

Les trois pays voisins qui ont permis de compenser le manque de production national sont, par ordre d’importance : l’Allemagne (1 832 GWh), la Grande-Bretagne (664 GWh) et la Belgique (471 GWh). Dans le même temps, la France a fourni un surplus de 1 257 GWh à la Suisse, 1 150 GWh à l’Italie et de 25 GWh à l’Espagne.

Début novembre, RTE avait annoncé que des importations d'électricité pourraient s’avérer nécessaires de mi-novembre 2009 à fin janvier 2010. Finalement cette situation a démarré plutôt que prévu.

Michel Sage

1- Filiale du groupe EDF depuis le 1er septembre 2005, RTE est le gestionnaire du réseau de transport d'électricité français, qu'il exploite, entretient et développe. Il gère le réseau le plus important d'Europe avec 100 000 km de lignes à haute et très haute tension et 44 lignes transfrontalières.
2- Principalement : déchets urbains, déchets de papeterie, biogaz et solaire.
© Univers Nature pour les deux articles
Jeu 19 nov 2009 11 commentaires
Pourquoi ne développe-t-on pas le solaire ? Ô, pardon ! que je suis stupide !
 
Bisous et bonne journée.
Amalys Francine - le 19/11/2009 à 13h44
Mais si, le solaire c'est bien aussi ; le tout, c'est de pouvoir multiplier les sources
d'énergie différentes pour fonctionner sur des plages horaires plus importantes, et de résoudre
ce satané problème du stockage…
Sylvie Boussand
Pour résumer l'affaire ,la production d'électricité est en baisse pour les deux raisons exposées par le RTE , et comme cette production en baisse coincide avec une baisse de la consommation qui est MOINDRE que celle qui précède (la production ) il a fallu importer de l'électricité .Donc rien d'anormal pour l'instant ,car la baisse de la consommation est due à la baisse du Pouvoir d'ACHAT , normale en période de crise et bien réelle malgré les affirmations de l'idiote (LAGARDE ) ; ce qui n'empèche pas les ploucs des villes de changer sans arrét leur charette ....D'autre part il me parait optimiste de penser que des milliards d'euros suffiront aux chercheurs pour trouver des ENERGIES RENOUVELABLES suffisamment importante,car si celà était possible celà serait déjà advenu !!!!! Enfin tout ceci est bien inquiétant _
gwynplaine - le 19/11/2009 à 18h16
Tout bien décrypté !  Y compris pour Kiki Lagarde et pour les ploucs urbains (enfin, certains!).
Sylvie Boussand
il doit bien y avoir des solutions ..autrement que le nucléaire ..

je ne sais pas si vous savez mais , tout comme le soleil dégage de l'énergie, la terre aussi,  surtout son noyau ... en plus y'a des immenses chutes , sur la terre , des marées , des courants, du vent en pleine mer .. si on creuse bien, on doit bien trouver quelque chose d'inépuisable ... seulement faut vouloir ... et çà plairait pas à certains lobbies ... en plus l'eau, c'est H2O ..donc hydrogéne. ( les 3 quarts de la surface terrestre ) ..

On nous parle tant de la voiture electrique .... mais , mais ..quand il y en aura plein dans les rues ... çà va faire des sacrés pics de consommation, même en été !... non ? .. Et avec quoi on la fait notrer électricité ? ..

Je crois qu'avec la voiture electrique , on recule pour mieux sauter .. çà ne résout rien à long terme ... dans cent ans , on aura peut être stabilisé les émissions de CO2..( si on élimine toutesd les centrales à charbon )  mais se poseront d'autres problémes .. celui des déchets nucléaires... bah on ira les mettre sur la lune ! ..ou sur mars ..
Joel - le 19/11/2009 à 18h41
Tu sais Joël, l'idée qu'on aille gratter dans le noyau de notre maison m'inquiète un peu :
que pourrait-il arriver si c'est des pieds nickelés qui s'y collent ?
Les "scientifiques" ne sont pas tous fiables
Sylvie Boussand
Au lieu de construire un EPR on devrait construire l' EPO (eau ,pastis ,olive )
bon je ramène tout à la plaisanterie ,mais dans un pays ou il y a du vent ,du soleil
de l'eau en abondance et des technologies de pointe ,des forêts!Une croissance
differente ,des transports en commun plus nombreux ,le ferroutage ,des voitures propres hybrides(huile de friture)une croissance verte environementale
et sociale et surtout remetttre l'humain à la mode!
                           Bises du Sud (21°)     Segolin (un fou allier)
segolin - le 19/11/2009 à 23h08
Profiet bien de tes 21° Ségolin : un de ces jours, on va te taxer sur ton chauffage naturel gratos !
Sylvie Boussand
Il y a le solaire, il ya les pompes à chaleur... il y a déjà des solutions mais certains lobbies puissants freinent leur développment.

D'autre part, je ne comprends pas, on a du acheter à trois pays: 2967 GWh à trois pays et DANS LE MÊME TEMPS, on en a vendu: 2432GWh à trois autres pays!!!
Ce n'aurait pas été plus simple de fournir d'abord les besoins français avant d'en vendre et de n'avoir que 535 GWh à acheter?
J'avoue que je ne comprends pas où est la logique là
Bon vendredi à toi 
Renard - le 20/11/2009 à 00h50
Je suppose que cela correspond à la différence entre la demande immédiate à un instant T
et à la production réelle disponible au même instant ?
L'éternel souci électrique : on produit, ça circule, mais on ne peut pas stocker.
Bises et bonne nuit.
Sylvie Boussand
Bonjour Sylvie,
On devrait nous tenir au courant, mais on nous court-circuite. Peut-être la lumière viendra-t-elle d'énergies nouvelles et renouvelables.
Je plaisante bien sûr, mais ce n'est pas drôle, tant que les lobbies pétroliers existeront, il ne sera pas question d'énergie renouvelable car l'expérience est menée sur les véhicules et pourrait aboutir au logement, mais la réussite sur les voitures est condamnée d'avance.
Bises
Béa et Lucien
Lucien Aymard - le 20/11/2009 à 15h24
Bonsoir Lucien,
pour l'éclairage, si on colle une ampoule sur la tête de toutes nos "lumières" nationales,
il fera grand jour à 2 heures du mat !
Bonne nuit.
Sylvie Boussand
Bien le coup des ampoules sur nos lumières ! En attendaznt, le prix du kilo watt a pas fini de grimper. Pour ceux qui habitent en ville et sont coincés entre le gaz ou l'électricité, ils vont casquer !
gencode63 - le 20/11/2009 à 23h45
Et personne n'a parlé du moulin à vent en chef, genre éolienne présidentielle,
avec ou sans vent !
Sylvie Boussand
 faudrait commencer par traquer la gabegie d'électricité
pamphile - le 21/11/2009 à 16h18
Bien d'accord, déjà, en modernisant les réseaux d'éclairage public, et en revoyant dans certains cas
leurs horaires de fonctionnement.
Sylvie Boussand
TENTION !  Noel arrive .. vive les watts  ! 
Joel - le 21/11/2009 à 19h39
What, Noël en décembre ?
Je prépare mon soulier
peut-être des fesses à botter ?
Sylvie Boussand
cela m'attriste de voir que personne ne se sent concerné finalement. C'est toujours aux autres de faire des économies. Les gens se chauffent exagérément ce qui a en plus pour effet de les rendre plus fragiles. C'est con. 16 ° dans les chambres c'est amplement suffisant, 18 ° dans les pièces à vivre. Et puis le solaire, le solaire, le solaire ! C'est nous qui devenons fournisseur d'EDF !
plume de cib - le 23/11/2009 à 10h00
Et pourtant, avec le régime sec que subit notre porte-monnaie,
nous sommes bien concernés. Economies ou manque de moyens…
un accès gratuit à l'énergie pour les premiers Kw indispensables finira
par devenir indispensable pour les plus fragiles.
Ne nous leurrons pas : les prix n'ont pas fini de grimper dans ce domaine.
Entre autres…
Sylvie Boussand